Publié le 5 octobre 2025 à 21h00. La théorie économique dite de « l’économie hôtelière », prônée par le président sud-coréen Lee Jae-Myong, suscite à nouveau la controverse, ravivant les critiques sur sa validité et son application concrète.
- La théorie de l’« économie hôtelière » repose sur l’idée que les dépenses initiales dans un secteur, comme l’hôtellerie, génèrent un cycle de dépenses qui stimulent l’ensemble de l’économie locale.
- Cette théorie, présentée dès 2017, a été régulièrement critiquée par des économistes pour ses contradictions logiques et son manque de réalisme.
- Récemment, un exemple concret dans un hôtel de luxe sud-coréen a relancé le débat, illustrant les limites de cette approche économique.
La théorie de l’« économie hôtelière », chère au président Lee Jae-Myong, fait régulièrement l’objet de discussions animées en Corée du Sud. Depuis son mandat de maire de Seongnam en 2017, Lee Jae-Myong a illustré son concept à travers une parabole simple : un cycle de dépenses initié par les revenus d’un hôtel stimulerait l’économie locale, justifiant ainsi des politiques de revenu de base ou des aides monétaires régionales.
Cette illustration, cependant, est loin de faire l’unanimité. De nombreux économistes pointent du doigt des « contradictions logiques » dans son raisonnement. Récemment, un événement particulier a ravivé les critiques : une situation concrète, observée dans l’un des hôtels les plus prestigieux du pays, a été perçue comme une illustration des faiblesses de cette théorie.
En 2017, Lee Jae-Myong avait partagé sur les réseaux sociaux l’exemple suivant :
« Dans un village peu fréquenté, on trouve un hôtel, un magasin de meubles, une friterie et une papeterie. Un touriste dépense 100 000 wons (environ 75 euros) pour une nuit d’hôtel. Le propriétaire de l’hôtel utilise ces 100 000 wons pour acheter un nouveau lit dans le magasin de meubles, qui à son tour utilise cet argent pour acheter du poulet à la friterie, et ainsi de suite. »
Lee Jae-Myong, maire de Seongnam (2017)
Selon Lee Jae-Myong, cet échange, bien que circulaire, générerait une activité économique et revitaliserait le village. Cette parabole s’inspire d’un concept économique développé par des économistes américains et allemands, initialement utilisé pour expliquer les effets de l’allègement de la dette, notamment dans le contexte de la crise financière asiatique de 1997. À l’époque, il s’agissait de démontrer comment l’injection de liquidités pouvait éviter une crise de liquidité en permettant aux acteurs économiques de se rembourser mutuellement.
Cependant, Lee Jae-Myong a transformé cette idée de remboursement de dettes en une transaction générant de nouvelles ventes, l’assimilant ainsi à l’effet multiplicateur keynésien et l’utilisant pour justifier ses politiques économiques. Cette interprétation a rapidement suscité des critiques de la part des économistes, qui soulignent l’irréalisme de l’hypothèse d’une propension marginale à consommer égale au montant initial investi. Ils estiment que l’argent en circulation finirait inévitablement par s’épuiser.
Les internautes ont également souligné les incohérences de ce modèle, notant que « l’hôtel qui a bénéficié des 100 000 wons dépensés à la papeterie subit en réalité une perte ». La validité de la théorie de l’« économie hôtelière » reste donc un sujet de débat en Corée du Sud.
