Publié le 26 septembre 2023. Le président sud-coréen Lee Jae-Myong, en déplacement à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies, a adopté une posture ferme à l’égard des États-Unis, ravivant un sentiment anti-américain au sein de l’opinion publique sud-coréenne, notamment sur fond de négociations commerciales difficiles.
- Le président Lee Jae-Myong a critiqué l’administration Trump lors de son discours à l’ONU et a décliné une invitation à un dîner organisé par l’ancien président américain.
- Des rassemblements de soutien au gouvernement ont été organisés en Corée du Sud pour dénoncer les États-Unis.
- L’administration Lee Jae-Myong semble utiliser sa présidence du Conseil de sécurité de l’ONU pour renforcer son image intérieure.
La visite du président Lee Jae-Myong à New York, du 22 au 26 septembre, était officiellement motivée par la présidence de la Corée du Sud au Conseil de sécurité des Nations Unies en septembre 2023, selon un ordre alphabétique des États membres. Bien que ce rôle soit essentiellement cérémoniel, l’administration Lee semble l’avoir perçu comme une occasion de redorer son blason, fragilisé par les tensions commerciales avec les États-Unis.
L’impasse dans les négociations tarifaires avec Washington a suscité une vive critique en Corée du Sud, et le président Lee Jae-Myong a multiplié les déclarations critiques à l’égard des États-Unis. Cette attitude a alimenté un sentiment anti-américain préexistant dans une partie de la population sud-coréenne. L’administration actuelle semble désormais chercher à capitaliser sur ce sentiment pour détourner l’attention de ses difficultés diplomatiques.
Au-delà de son discours à l’Assemblée générale, où il a notamment critiqué l’ancien président Trump, le président Lee Jae-Myong a également choisi de ne pas participer à un dîner organisé en son honneur par Donald Trump, justifiant cette décision par une volonté de maintenir une “distance stratégique”. Parallèlement, des manifestations de soutien au gouvernement ont été organisées en Corée du Sud, dénonçant les politiques américaines.
Certains observateurs estiment que cette série de gestes vise à créer un narratif de confrontation avec les États-Unis, afin de blâmer l’administration Trump pour les échecs de l’équipe Lee Jae-Myong dans les négociations commerciales. La Corée du Sud, qui a bénéficié du soutien des forces de l’ONU pendant la guerre de Corée (1950-1953), accorde traditionnellement une grande importance à cette organisation internationale. L’administration Lee semble donc tenter d’exploiter ce sentiment nationaliste en mettant en avant son rôle de premier président sud-coréen à présider le Conseil de sécurité de l’ONU.
En somme, la stratégie de l’administration Lee Jae-Myong semble consister à se positionner comme un défenseur des intérêts nationaux coréens face à une Amérique perçue comme intransigeante, afin de consolider son soutien populaire et de détourner l’attention des difficultés rencontrées dans les négociations commerciales.
