Publié le 27 octobre 2024 12:22:00. Le président argentin Javier Milei a remporté une victoire significative aux élections de mi-mandat, consolidant son pouvoir après des mois de crise économique et politique, et renforçant son alliance avec l’administration américaine de Donald Trump.
- La coalition de Milei, Liberty Advances, a dépassé les attentes en obtenant plus de 40 % des voix.
- Le soutien de l’administration Trump, incluant un accord d’échange de devises de 20 milliards de dollars (17 milliards d’euros), a été crucial pour stabiliser l’économie argentine.
- Cette victoire permet à Milei de renforcer sa position au Congrès et de faire avancer son programme de réformes radicales.
La victoire de Javier Milei aux élections législatives de mi-mandat représente un tournant majeur pour l’Argentine, après une période d’incertitude économique et politique. Le parti de l’actuel président, Liberty Advances, a obtenu un résultat bien supérieur aux prévisions, prenant le contrôle d’une part importante de la chambre basse du Congrès et renforçant sa présence au Sénat. Ce succès lui confère une marge de manœuvre accrue pour mettre en œuvre ses politiques économiques controversées, axées sur la déréglementation et la réduction des dépenses publiques.
Cette performance électorale est d’autant plus remarquable qu’elle fait suite à une défaite inattendue lors des élections régionales de Buenos Aires le mois dernier, qui avait ébranlé les marchés financiers et suscité des doutes quant à la capacité de Milei à gouverner efficacement. Le taux de participation, à 66 %, est le plus bas enregistré depuis le retour de la démocratie en 1983, reflétant peut-être une désaffection croissante des électeurs envers la politique traditionnelle.
L’administration américaine de Donald Trump a joué un rôle clé dans le soutien à Milei, notamment en intervenant sur les marchés monétaires argentins et en concluant un accord d’échange de devises de 20 milliards de dollars (17 milliards d’euros) pour soutenir le peso argentin. Trump avait explicitement conditionné son aide à la victoire de son allié libertaire lors de ce scrutin. Cette intervention a été critiquée par certains, qui y voient un moyen pour des investisseurs américains de se protéger contre les risques liés à l’Argentine.
Malgré cette victoire, les défis économiques auxquels l’Argentine est confrontée restent considérables. L’inflation, bien que en baisse, reste supérieure à 30 % par an, et la croissance économique est au point mort. Le pays dépend fortement du Fonds monétaire international et de l’aide américaine pour faire face à ses obligations financières, et de nombreux analystes prévoient une nouvelle dévaluation du peso. L’Argentine doit également gérer une crise majeure de la balance des paiements et faire face à des remboursements de dettes importants l’année prochaine, soulevant des inquiétudes quant à sa capacité à éviter un défaut de paiement.
Parallèlement, l’administration Trump a intensifié sa pression sur le régime vénézuélien, en déployant des milliers de soldats, des avions d’attaque et des navires de guerre dans les Caraïbes, sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue. Des frappes américaines contre des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue ont déjà fait plus de 40 morts, suscitant des accusations de meurtres et d’exécutions sommaires. Le président colombien, Gustavo Petro, a accusé les États-Unis de meurtre, ce à quoi Trump a répondu en le qualifiant de « leader des drogues illégales » et en lui imposant des sanctions.
Une partie de la base électorale de Trump a également exprimé son mécontentement face à l’intervention américaine en Argentine, soulignant que le pays a bénéficié de l’arrêt des achats de soja américain par la Chine dans le cadre de la guerre commerciale entre les deux pays. Néanmoins, cette victoire de Milei représente un succès régional pour l’administration Trump, qui cherche à affirmer son influence en Amérique latine.
