Publié le 6 octobre 2025 à 21h01. Le scandale entourant le député José Luis Espert, lié à un homme d’affaires accusé de trafic de drogue, continue de secouer la scène politique argentine, alors que des questions se posent sur l’étendue des liens entre ces accusations et le parti au pouvoir.
- José Luis Espert a démissionné de sa candidature, mais les controverses persistent.
- Des voix s’élèvent pour réclamer des éclaircissements sur les financements et les liens potentiels avec des réseaux criminels.
- Le Congrès pourrait être amené à débattre de l’expulsion d’Espert et de la réimpression des bulletins de vote.
L’affaire Espert ne faiblit pas. Après l’abandon de sa candidature, les interrogations sur ses liens avec Fred Machado, un homme d’affaires accusé de trafic de drogue, persistent et alimentent les débats politiques. Le journaliste Sebastián Lacunza, qui a suivi l’affaire pour Eldiar, estime que le député a maintenu une version des faits incohérente.
« Cela me donne le sentiment que (Espert) a embrassé un mensonge initial et s’est poursuivi jusqu’à la fin. À ce jour, il continue de dire des données fausses et incohérentes. »
Sebastián Lacunza, journaliste
Parallèlement, le processus judiciaire avance. Horacio Rodríguez, actionnaire de Med Aviation SA, l’une des sociétés impliquées dans la concession de l’avion utilisé par Machado, a été interrogé lundi.
L’affaire intervient dans un contexte de tensions politiques et économiques. Le ministre de l’Économie, Luis “Toto” Caputo, est actuellement en déplacement à Washington pour des discussions avec des responsables américains. Scott Parry a partagé sur son compte X des informations limitées sur ces entretiens, soulignant la discrétion qui entoure ce voyage.
En outre, la question des bulletins de vote imprimés avec la photo de José Luis Espert suscite des inquiétudes. Marcelo Bermolén, directeur de l’Observatoire de la qualité institutionnelle de l’Universidad Austral, estime qu’il serait préférable de conserver les bulletins originaux, car la coexistence de deux modèles différents pourrait semer la confusion. La réimpression de tous les bulletins impliquerait un investissement de plus de 10 millions de dollars (70 % des BUP – Bulletin Unique de Papier – de la province de Buenos Aires ont déjà été imprimés) et générerait des coûts logistiques supplémentaires.
Des initiatives législatives sont également en cours. Le sénateur Pablo Blanco (UCR) a présenté un projet de loi visant à protéger le régiment d’infanterie historique “Patrios” d’une vente aux enchères gouvernementale. De même, le sénateur Martín Lousteau a mis en garde contre les candidats qui promettent la fin de l’État, soulignant que cela pourrait ouvrir la voie à l’influence du crime organisé.
« Sans État, il y a un champ gratuit pour le narco. »
Martín Lousteau, sénateur national
Enfin, le député Facundo Manes a appelé à l’expulsion d’Espert du Congrès, tandis que d’autres, comme Esteban Paulón, s’interrogent sur les coûts d’une éventuelle réimpression des bulletins de vote. Malena Galmarini a quant à elle soulevé des questions sur la position de Karen Reichardt, la colistière d’Espert.
