Publié le 21 décembre 2025. Le Mexique s’engage sur la voie d’une revalorisation continue du salaire minimum et d’une réflexion sur la réduction du temps de travail, tandis que la Chine maintient un système de rémunération régionale plus modeste et une culture du travail privilégiant les longues journées.
- Le gouvernement mexicain a confirmé une nouvelle augmentation du salaire minimum pour 2026.
- La Chine applique un système de salaire minimum variable selon les régions, souvent associé à des horaires de travail plus longs.
- Le salaire minimum mexicain, même après les augmentations prévues, dépasse déjà le revenu mensuel minimum en Chine.
Le salaire minimum et la durée de la journée de travail sont deux facteurs déterminants pour la qualité de vie des travailleurs. Au Mexique, l’administration de Claudia Sheinbaum a confirmé une nouvelle augmentation du salaire minimum d’ici 2026, tandis qu’en Chine, le revenu de base dépend de chaque région et s’accompagne généralement de journées plus longues, dans une logique productive qui considère qu’il est « peu pratique » de travailler moins d’heures.
Les informations concernant le Mexique proviennent des données officielles du Conseil des représentants de la Commission nationale du salaire minimum (Conasami), tandis que les données relatives à la Chine sont basées sur le droit du travail de la République populaire de Chine et sur des rapports spécialisés tels que Briefing sur la Chine.
À partir du 1er janvier 2026, un nouveau barème sera appliqué au Mexique, selon Conasami :
- Salaire minimum général : de 278,80 à 315,04 pesos par jour.
- Zone franche frontalière du Nord (ZLFN) : augmentation de 419,88 à 440,87 pesos par jour.
- Salaires professionnels minimaux (61 métiers) : augmentation du même pourcentage que les salaires généraux de leur région.
Cette augmentation se compose de deux éléments : un Montant de récupération indépendant (MIR) de 17,01 pesos par jour, destiné à préserver le pouvoir d’achat, et une majoration supplémentaire de 6,5 % au niveau général, ou de 5 % dans la ZLFN. Conasami a précisé que le MIR ne doit pas servir de référence pour d’autres salaires, tels que les contrats collectifs ou gouvernementaux.
En tenant compte de ces ajustements, le revenu mensuel approximatif serait le suivant :
- Salaire minimum général : environ 9 450 pesos par mois.
- Zone franche de la frontière nord : environ 13 200 pesos par mois.
Ces chiffres placent le salaire minimum mexicain au-dessus du revenu mensuel minimum en Chine, une fois converti en pesos mexicains.
Contrairement au Mexique, la Chine ne dispose pas d’un salaire minimum national unique. La loi sur le travail établit que chaque province, région autonome ou ville fixe son propre salaire minimum, en fonction du coût de la vie, du développement économique local et de l’emploi. En 2025, les salaires minimums mensuels les plus élevés sont enregistrés dans les grandes villes comme Shanghai ou Pékin.
Lors de la conversion du salaire minimum chinois en pesos mexicains, en utilisant un taux de change moyen de 1 yuan ≈ 2,55 pesos, on obtient les montants suivants :
- Shanghai : 2 740 yuans par mois → environ 7 000 pesos par mois.
- Pékin : 2 420 yuans → environ 6 200 pesos par mois.
- Régions avec des salaires plus bas : entre 1 600 et 2 000 yuans → environ 4 000 à 5 100 pesos par mois.
Au Mexique, la journée de travail légale est de 48 heures par semaine. Cependant, une réforme constitutionnelle est en discussion pour la réduire à 40 heures, sans diminution de salaire. La présidente Claudia Sheinbaum a confirmé que cette réduction se ferait progressivement à partir de 2027, avec une diminution de 2 heures par an, jusqu’à atteindre 40 heures par semaine en 2030.
En Chine, la loi prévoit une journée de travail standard de 8 heures par jour et 44 heures par semaine, mais cette réglementation n’est pas toujours respectée. Le modèle du “996” (travailler de 9 heures du matin à 9 heures du soir, six jours par semaine) est encore largement répandu dans de nombreux secteurs privés, bien que le gouvernement chinois l’ait déclaré illégal. Dans la culture du travail chinoise, l’idée persiste selon laquelle travailler moins d’heures est « non rentable » et qu’un effort prolongé est nécessaire à la croissance économique.
Cette comparaison met en évidence des différences notables : le Mexique s’oriente vers une revalorisation continue du salaire minimum et une réduction du temps de travail, tandis que la Chine maintient un système de rémunération régionale plus bas et des horaires de travail plus longs. Alors que les Mexicains recherchent une journée de travail de 40 heures, en Chine, les pauses sont considérées comme une perte de temps et sont considérées comme « non rentables ».
Alors que le gouvernement mexicain insiste sur le fait que le salaire minimum « ne doit pas perdre de pouvoir d’achat », la Chine maintient un modèle de travail dans lequel le revenu de base est plus faible et le temps de travail est généralement plus long. Ebrard et Sheinbaum ont intensifié les mesures contre la Chine pour pratiques déloyales, pour mettre fin à l’importation de produits artificiellement bon marché et protéger au moins 350 000 emplois au Mexique.
La comparaison ne se limite pas à l’aspect économique, elle reflète également deux visions différentes du travail, du temps et de la qualité de vie des travailleurs.
