Publié le 2025-12-03 05:57:00. Le marché des bureaux à Dublin connaît une dynamique de croissance soutenue, portée par le retour progressif au bureau, la solidité de l’économie irlandaise et une compétition accrue pour les espaces de travail les plus attractifs.
- Le secteur a enregistré des transactions majeures, notamment le bail historique de Workday chez Marlet, témoignant d’une demande forte pour des locaux de qualité.
- La demande d’espaces de travail flexibles, comme les espaces de coworking, a connu une augmentation significative.
- L’offre limitée et la forte demande laissent présager une hausse des loyers en 2026, avec des prix qui pourraient dépasser les 70 € par pied carré (environ 750 € par mètre carré).
Le marché de la location de bureaux à Dublin a affiché une tendance haussière tout au long de l’année 2025. Cette dynamique est alimentée par plusieurs facteurs convergents. Le retour au bureau, après les perturbations liées à la pandémie de Covid-19, s’est stabilisé, incitant les entreprises à reconsidérer leurs besoins en matière d’espaces de travail. Parallèlement, la croissance économique irlandaise continue de soutenir la demande, tandis qu’une véritable course s’engage entre les entreprises pour s’approprier les meilleurs emplacements, capables de refléter leur identité de marque.
Les bureaux ne sont plus perçus comme de simples lieux de travail, mais comme des éléments clés de la culture d’entreprise, favorisant la collaboration et incarnant l’ambition. Les entreprises accordent désormais une importance accrue à la qualité de l’environnement de bureau, en veillant à ce qu’il soit à la fois productif et propice à l’épanouissement des employés. Les critères de sélection se sont affinés : les locataires recherchent non seulement des espaces fonctionnels, mais également des équipements modernes, des performances en matière de développement durable et, surtout, un emplacement stratégique.
Plusieurs transactions importantes illustrent cette tendance. Workday a signé un bail historique de 39 019 mètres carrés (420 000 pieds carrés) dans le complexe College Square développé par Marlet Property Group. Il s’agit du plus important bail de bureaux conclu en Europe depuis le début de la pandémie. Vodafone a cédé 6 503 mètres carrés (70 000 pieds carrés) sur St Stephen’s Green, tandis que Stripe a loué 14 493 mètres carrés (156 000 pieds carrés) à One Wilton. Des entreprises comme Apple, EY et BNY Mellon continuent également d’étendre leurs activités et leurs besoins en espaces de bureaux.
Parallèlement à la location traditionnelle, le marché a assisté à une forte augmentation de la demande d’espaces de travail flexibles. Les fournisseurs de coworking et de bureaux équipés ont attiré une clientèle variée, locale et internationale, à la recherche d’agilité, de coûts initiaux réduits et de la possibilité de s’adapter rapidement à l’évolution de leurs besoins. Ces espaces offrent également un accès à des bâtiments de haute qualité, contribuant à renforcer l’image de marque des entreprises et à attirer de nouveaux talents. Les utilisateurs sont prêts à payer un prix élevé pour ces avantages, ce qui a entraîné une augmentation significative des loyers en 2025. Bien que ces espaces flexibles soient souvent considérés comme une étape transitoire, la plupart des entreprises finissent par opter pour des baux à long terme.
L’offre de bureaux à Dublin a atteint un point d’inflexion, avec une diminution de près de 3 % du taux d’inoccupation dans le centre-ville au cours des 12 derniers mois. À la fin du troisième trimestre 2025, 78 % des bureaux disponibles d’ici 2027 étaient déjà pré-loués ou réservés, ce qui limite les options pour les entreprises à la recherche d’espaces de qualité en 2026. Le manque d’activité de développement, combiné à la hausse des coûts de construction et aux difficultés d’obtention de financements, freine la création de nouveaux projets.
Ce déséquilibre entre l’offre et la demande devrait entraîner une nouvelle hausse des loyers en 2026. Les entreprises qui recherchent des espaces de qualité dans les meilleurs emplacements devront faire face à une concurrence accrue. Celles qui auront la chance de conclure des pré-baux bénéficieront de conditions avantageuses, tandis que les promoteurs immobiliers pourront exiger des loyers plus élevés pour les nouveaux projets. La dynamique observée au cours des derniers mois laisse présager un tournant décisif pour les prix des loyers, qui pourraient dépasser les 70 € par pied carré (environ 750 € par mètre carré) à mesure que la rareté et la qualité convergent.
Aisling Tannam est directrice de la division bureaux chez Cushman & Wakefield
