Publié le 15 janvier 2026. Une nouvelle étude révèle que même une légère augmentation de la tension artérielle pendant la grossesse peut considérablement accroître les risques de complications pour la mère et le bébé.
- Une hausse de seulement 10 mmHg (millimètres de mercure) de la pression artérielle systolique est associée à un risque accru d’accouchement prématuré, de diabète gestationnel et de complications néonatales.
- Les femmes enceintes présentant une pression artérielle plus élevée ont également plus de chances d’avoir un bébé de petit poids ou de devoir subir un accouchement déclenché.
- L’étude, basée sur l’analyse de données génétiques de plus d’un million de femmes européennes, souligne l’importance d’une surveillance attentive de la tension artérielle pendant la grossesse.
La gestion de la tension artérielle pendant la grossesse pourrait être un facteur clé pour améliorer la santé maternelle et infantile, selon des recherches récentes publiées dans la revue BMC Medicine. Les chercheurs ont constaté que même une légère augmentation de la pression artérielle systolique – le chiffre supérieur lors d’une mesure de tension – peut avoir des conséquences significatives.
« Nos résultats suggèrent qu’une tension artérielle maternelle plus élevée augmente le risque de multiples issues défavorables de la grossesse, notamment un accouchement prématuré, la naissance de bébés plus petits, la nécessité d’un travail déclenché, le diabète gestationnel et la nécessité pour le bébé d’être admis dans une unité de soins intensifs néonatals », a expliqué Marie Magnus, chercheuse principale au Centre pour la fertilité et la santé de l’Institut norvégien de la santé, dans un communiqué de presse.
Cette découverte est d’autant plus pertinente que l’obésité et l’âge des femmes au moment de la grossesse sont en augmentation, ce qui entraîne une prévalence croissante de l’hypertension artérielle chez les femmes en âge de procréer. Environ une femme enceinte sur dix est touchée par cette condition, un problème médical courant qui nécessite une attention particulière.
L’étude a analysé le risque génétique d’hypertension artérielle chez plus d’un million de femmes européennes, dont près de 715 000 étaient enceintes. Les résultats ont révélé que les femmes présentant une augmentation génétique de 10 mmHg de la pression artérielle systolique avaient un risque accru de :
- 11 % de risque supplémentaire de nécessiter un travail provoqué, de développer un diabète gestationnel ou de voir leur nouveau-né admis en unité de soins intensifs néonatals.
- 12 % de chances plus élevées d’accouchement prématuré.
- 16 % de risque accru que leur bébé soit petit pour son âge gestationnel.
- 33 % de risque plus élevé d’insuffisance pondérale à la naissance.
Parallèlement, la même augmentation de la pression artérielle systolique était associée à une diminution des chances d’avoir un bébé de poids élevé ou né après terme.
« Nos résultats suggèrent que la réduction de la tension artérielle maternelle est susceptible d’avoir de nombreux avantages pour la santé de la mère et de sa progéniture », ont conclu les chercheurs.
Caroline Borges, professeure agrégée en épidémiologie étiologique à l’Université de Bristol au Royaume-Uni, a souligné l’importance de cette étude pour mieux comprendre le lien de causalité entre la tension artérielle maternelle et les complications de la grossesse :
« En utilisant l’information génétique pour mieux isoler les causes et les effets, notre étude aide à clarifier si la tension artérielle de la mère elle-même contribue à la grossesse et aux complications du nouveau-né. »
Caroline Borges, professeure agrégée en épidémiologie étiologique à l’Université de Bristol
« Cela est important pour les soins cliniques et la santé publique, car cela renforce la base de données probantes nécessaire pour orienter les stratégies de prévention, de surveillance et de traitement visant à améliorer les résultats pour la mère et l’enfant », a-t-elle ajouté. Les chercheurs insistent toutefois sur la nécessité de mener des études supplémentaires pour déterminer les meilleures approches pour traiter l’hypertension artérielle maternelle et prévenir les complications de la grossesse.
SOURCES : Université de Bristol, communiqué de presse, 13 janvier 2026 ; BMC Medicine, 14 janvier 2026
