Publié le 2024-02-29 10:27:00. Une vaste étude internationale suggère un lien statistique entre le contact avec des chats durant l’enfance et un risque accru de développer une schizophrénie à l’âge adulte, bien que les mécanismes en jeu restent flous et nécessitent des recherches approfondies.
- Une exposition aux chats durant l’enfance est associée à un risque deux fois plus élevé de schizophrénie.
- Le parasite Toxoplasma gondii, présent chez les chats, est suspecté de jouer un rôle dans cette connexion.
- La qualité variable des études analysées appelle à la prudence dans l’interprétation des résultats.
Des scientifiques de l’Université du Queensland en Australie ont analysé 44 années de données issues de 17 études menées dans 11 pays. Leur objectif : déterminer si une corrélation existait entre la possession d’un chat pendant l’enfance et le développement ultérieur de la schizophrénie et d’autres troubles psychotiques.
Les résultats, publiés dans le Schizophrenia Bulletin, révèlent une tendance significative. Les personnes ayant été en contact avec des chats durant leur enfance présentent un risque environ deux fois plus élevé de développer une schizophrénie que celles qui n’ont pas eu de contact avec ces animaux. Cette exposition peut prendre différentes formes : posséder un chat, être griffé ou mordu par un chat, ou simplement être en contact régulier avec un félin.
L’hypothèse la plus souvent avancée pour expliquer ce lien est celle du parasite Toxoplasma gondii. Cet organisme unicellulaire, commun chez les chats domestiques, se trouve notamment dans les litières et la viande crue contaminée. Une fois ingéré par l’homme, il peut migrer vers le système nerveux central et potentiellement induire des modifications cérébrales.
Cependant, les chercheurs insistent sur la nécessité de relativiser ces résultats. De nombreuses études incluses dans l’analyse présentent des limites méthodologiques, ce qui affecte la fiabilité des conclusions. Les résultats varient considérablement d’une étude à l’autre, certaines ne trouvant aucun lien significatif.
Une étude menée en Turquie avait initialement mis en évidence un risque particulièrement élevé. Or, lorsque les chercheurs ont exclu cette étude spécifique de leurs calculs, l’augmentation du risque est devenue moins prononcée, bien qu’elle soit restée statistiquement significative.
L’étude ne permet pas non plus de déterminer à quel moment précis de l’enfance l’exposition aux chats serait la plus risquée. Certaines recherches suggèrent que la période entre 9 et 12 ans pourrait être particulièrement sensible, mais d’autres n’ont observé aucun effet en fonction de l’âge.
Il est crucial de souligner que la grande majorité des personnes ayant grandi avec des chats ne développeront jamais de schizophrénie. Il s’agit d’un risque accru au niveau statistique, et non d’une fatalité pour les individus. Les chercheurs appellent donc à la prudence et à la réalisation d’études plus rigoureuses pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à cette association.
La question de savoir si les chats jouent réellement un rôle dans le développement de la schizophrénie reste donc largement ouverte, malgré leur popularité en tant qu’animaux de compagnie dans le monde entier.
