Publié le 13 octobre 2025 à 12h12. L’ancien ministre indonésien de l’Éducation et de la Culture, Nadiem Anwar Makarim, a vu son recours préjudiciel rejeté par un tribunal de Jakarta, ouvrant la voie à la poursuite de l’enquête pour corruption le concernant.
- Le tribunal de district du sud de Jakarta a jugé que la désignation de Nadiem Makarim comme suspect était légale.
- La décision repose sur l’existence de plus de deux éléments de preuve solides, selon le bureau du procureur général (Kejagung).
- Le juge a estimé que l’enquête sur l’achat présumé de matériel informatique frauduleux peut se poursuivre.
La justice indonésienne a validé la procédure suivie par le bureau du procureur général dans l’affaire de corruption impliquant Nadiem Makarim. Le juge unique I Ketut Darpawan a motivé sa décision en soulignant que les enquêteurs disposaient de suffisamment d’éléments pour justifier la désignation de l’ancien ministre comme suspect.
Selon le juge, l’article 184 du Code de procédure pénale a été respecté, car le bureau du procureur général a présenté au moins deux éléments de preuve valides. Il a également rejeté l’argument selon lequel un calcul précis des pertes financières de l’État serait une condition préalable à la désignation d’un suspect, considérant qu’il s’agissait d’une prérogative des enquêteurs.
« Considérant que, sur la base des éléments décrits ci-dessus, le défendeur dispose formellement de quatre éléments de preuve valables conformément aux dispositions de l’article 184 du Code de procédure pénale comme base pour déterminer le demandeur comme suspect »,
I Ketut Darpawan, juge unique du tribunal de district du sud de Jakarta
Le juge a également écarté l’idée que les personnes potentiellement concernées par une enquête devraient être informées de leur statut avant d’être officiellement désignées comme suspects. Il a estimé qu’une telle pratique créerait une insécurité juridique et pourrait entraver l’application de la loi.
La décision du tribunal confirme également la validité de la détention de Nadiem Makarim, justifiée par le risque de fuite, de destruction de preuves ou de répétition d’infractions, compte tenu de la gravité des accusations portées contre lui – des peines supérieures à cinq ans de prison étant encourues. Le juge a par ailleurs précisé que les demandes de remise en liberté sous caution ou de détention à domicile relevaient de la compétence d’une autre instance.
Nadiem Makarim est suspecté d’être impliqué dans une affaire de corruption liée à l’achat d’ordinateurs portables Chromebook pour un montant total de 1,98 billion de roupies (environ 120 millions d’euros). L’ancien ministre avait contesté son statut de suspect en déposant un recours préjudiciel, désormais rejeté par le tribunal.
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