Publié le 2024-02-29 10:30:00. L’énigmatique producteur allemand, connu sous de multiples pseudonymes, livre un album ambitieux de plus de trois heures, véritable exploration sonore de l’imaginaire et des contrées de l’utopie intérieure. Un voyage musical aussi ironique que sincère, qui confirme son statut d’artiste singulier de la scène électronique.
- L’artiste, dont l’identité réelle reste secrète, a multiplié les alias au cours de la dernière décennie : Traumprinz, Prince of Denmark, DJ Metatron, DJ Healer, Premier ministre de Doom, Golden Baby, The Phantasy, et plus récemment, appartement.
- Son dernier album, perdu dans les rêves, rassemble plus de 37 titres pour une durée totale de plus de trois heures, explorant divers genres de la musique électronique.
- Ses apparitions publiques sont rares, sa dernière performance datant de Noël 2015 au Berghain à Berlin.
Dans un paysage musical saturé, l’artiste allemand dont le véritable nom demeure inconnu se distingue par un mystère assumé. Il a exploré la scène électronique sous de nombreux pseudonymes, de Traumprinz à Prince of Denmark, en passant par DJ Metatron, DJ Healer et, plus récemment, appartement. Cette multiplicité identitaire n’est pas un simple artifice : elle reflète une volonté de se soustraire à la réalité physique et de plonger dans un univers imaginaire.
Ses rares interviews, souvent des échanges succincts accompagnant ses mix pour des podcasts tels que Resident Advisor et Little White Earbuds, révèlent une fascination pour le pouvoir de l’imagination. Il a ainsi évoqué un mix pour le label Giegling, affirmant qu’il avait été créé pour une femme dont il était tombé amoureux :
« Nous sommes ensemble depuis »
L’artiste
. Son mix pour Resident Advisor, quant à lui, serait une cassette d’une émission de radio qu’il avait réalisée vingt ans auparavant pour Sender Geibel, une « chaîne de radio métaphysique » diffusant « dans tout le monde parallèle – une partie de la planète utérus », selon sa page SoundCloud.
L’artiste a également développé le concept du Sehnsuchtsort, un lieu désirable qui n’existe que dans notre fantasme. Il le décrit comme un moyen d’échapper aux aspects parfois désagréables de la réalité et de stimuler la créativité :
« un endroit désirable qui n’existe que dans notre fantasme… un moyen d’éloigner le côté parfois désagréable de la réalité et de renforcer la créativité, l’émotion, les comportements irrationnels et les imperfections »
L’artiste
. Cette propension à l’évasion se retrouve dans son approche musicale, où il incarne différents personnages et explore des territoires sonores variés.
C’est précisément cette exploration que propose son dernier album, perdu dans les rêves. Avec ses 37 titres et ses plus de trois heures de musique, l’album se présente comme une immersion totale dans son univers imaginaire. Naviguant entre dub techno, deep house, trance, ambient et rave, agrémenté de touches de drum’n’bass et de breakbeat, l’album oscille entre ironie et sincérité, imperfection et raffinement. Malgré quelques passages plus lents, il se mesure aux meilleurs travaux de sa discographie, tels que 8 de Prince of Denmark et Rien 2 lâche de DJ Healer.

