Publié le 13 octobre 2025 19:03:00. L’industrie automobile européenne est confrontée à une crise profonde, avec la menace de fermetures d’usines à travers le continent. L’affaiblissement de la demande, les restructurations et l’arrivée massive des constructeurs chinois pèsent sur la rentabilité des constructeurs européens.
- Selon une étude d’Alixpartners, jusqu’à huit usines européennes pourraient être fermées.
- Les constructeurs européens n’utilisent actuellement que 55 % de leur capacité de production.
- Stellantis est particulièrement vulnérable, avec un taux d’utilisation de ses usines européennes autour de 45 %.
L’industrie automobile européenne est au bord du gouffre. Une étude récente de la société de conseil Alixpartners, relayée par Bloomberg, révèle que la demande en berne, les coûts liés aux restructurations et la concurrence accrue des constructeurs chinois pourraient contraindre les entreprises à réduire drastiquement leurs capacités de production, voire à fermer des usines.
Les chiffres sont alarmants : les constructeurs européens n’exploitent en moyenne que 55 % de leurs capacités. Alixpartners souligne que les sites fonctionnant à moins de 75 % de leur capacité sont particulièrement menacés. Le groupe italo-américain Stellantis est pointé du doigt, avec un taux d’utilisation de ses usines européennes, notamment celles produisant les modèles Alfa Romeo, qui s’élève à environ 45 %.
La montée en puissance des marques chinoises est un facteur clé de cette crise. Fabian Piontek, analyste chez Alixpartners, estime que
« Les constructeurs automobiles européens vont perdre un à deux millions de véhicules au profit des marques chinoises dans les années à venir. »
Fabian Piontek, Alixpartners
Il ajoute que les constructeurs chinois devraient atteindre une part de marché d’environ 5 % en Europe cette année.
La fermeture d’une usine automobile représente un coût considérable, estimé à environ 1,5 milliard d’euros (36,5 milliards de couronnes tchèques) pour un site employant 10 000 personnes, et nécessite des négociations complexes avec les syndicats. Le processus peut s’étaler sur un à trois ans.
Cette situation intervient après des décennies de croissance pour l’industrie automobile européenne, qui est désormais contrainte de supprimer des milliers d’emplois et de réduire sa production. La demande n’a pas retrouvé son niveau d’avant la pandémie de Covid-19. Volkswagen a récemment fermé son usine de Zwickau en Allemagne, tandis que Stellantis a suspendu temporairement la production dans ses usines produisant les modèles Fiat Panda et Alfa Romeo Tonale.
L’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA) confirme cette tendance, indiquant que les ventes de voitures en Europe n’ont augmenté que de 0,9 % l’année dernière, atteignant environ 13 millions de véhicules. Alixpartners prévoit que des marques chinoises comme Byd et Saic Motor pourraient atteindre une part de marché de 10 % d’ici 2030, accentuant ainsi la pression sur les constructeurs européens pour réduire leurs capacités.
Selon la société de conseil, une usine automobile est généralement rentable si elle produit au moins 250 000 véhicules par an. Si les constructeurs chinois parviennent à vendre environ deux millions de voitures par an en Europe d’ici 2030, environ huit usines européennes deviendront superflues, selon les estimations d’Alixpartners.
