Sony Interactive Entertainment a officialisé le 1er juillet 2026 la fin de la production de disques pour tous les nouveaux jeux PlayStation à partir de janvier 2028. Cette transition vers le tout numérique provoque des actions en justice aux Pays-Bas et au Mexique, où des défenseurs des consommateurs et des élus dénoncent un abus de position dominante.
Le marché du jeu vidéo physique s’apprête à disparaître pour les nouveautés PlayStation. Selon Lacremedugaming, Sony a justifié ce virage par les habitudes d’achat de son public, précisant que plus de 80 % des ventes sont déjà dématérialisées sur certains trimestres. Si les titres anciens resteront lisibles et pourront être réédités selon la rentabilité, les nouveaux jeux seront exclusivement disponibles sur le PlayStation Store dès 2028.
La fondation Stichting Massaschade et la « taxe Sony »
Cette stratégie numérique n’est pas sans conséquences financières pour les utilisateurs. Aux Pays-Bas, la fondation Stichting Massaschade et Consument, via l’action collective Fair PlayStation, soutient que l’abandon des disques confirme un abus de position dominante. L’organisation, qui représente environ 1,7 million de joueurs, réclame plus de 400 millions d’euros (soit 457 millions de dollars) en dommages et intérêts.
Le litige porte spécifiquement sur la commission de 30 % prélevée par Sony sur chaque transaction effectuée en ligne, surnommée la « Sony tax ». L’absence de support physique supprime, selon les plaignants, la seule alternative concurrentielle pour l’achat et la revente de jeux.
La fin des disques physiques supprime le dernier endroit où un jeu PlayStation pouvait encore être acheté et vendu à un prix concurrentiel (…).
Communiqué de Fair PlayStation, via Notebookcheck
Plainte antitrust devant la COFECE au Mexique
Le Mexique engage également une offensive juridique. La députée Iraís Reyes et le sénateur Luis Donaldo Colosio préparent une plainte antitrust devant la COFECE, l’autorité de la concurrence. Ils s’appuient sur la Loi fédérale mexicaine sur la concurrence économique pour contester le monopole futur du PlayStation Store.

Les élus craignent que l’unique point d’achat pour les nouveautés ne provoque une hausse des coûts pour les joueurs et ne limite l’accès au marché pour les studios tiers. Parallèlement, en Europe, le Digital Markets Act pourrait contraindre Sony à accepter des boutiques concurrentes si la marque est désignée comme « gatekeeper ».
L’ombre de la PlayStation 6 et la crise de la mémoire
Ce basculement numérique intervient alors que les spéculations s’intensifient sur la prochaine console de Sony. Bien que non officialisée, la PlayStation 6 fait l’objet de rapports contradictoires sur sa date de sortie. Si la cadence habituelle de sept ans suggérait 2027, des tensions sur les composants pourraient repousser l’échéance.
En janvier 2026, un analyste de MST International a averti que la hausse des prix de la RAM pourrait devenir problématique pour l’exercice se terminant en mars 2027, rendant la sortie de la console likely to be delayed longer than many expected
. Wccftech rapporte même que Sony envisagerait de décaler le lancement à 2028 ou 2029 en raison d’une pénurie de mémoire persistante.
Le coût de cette future machine inquiète également. Selon les informations de l’insider Kepler_L2, la facture des composants (bill of materials) pour la PS6 avoisinerait les 1 000 dollars. Ce chiffre s’inscrit dans un contexte où la PS5 Pro a déjà franchi un seuil psychologique avec un prix de lancement de 699 dollars en 2024, loin des 499 dollars de la PS5 standard.
Spécifications techniques et partenariat avec AMD
Sur le plan matériel, le partenariat avec AMD reste le point le plus solide. En septembre 2024, Reuters a indiqué qu’Intel avait perdu l’appel d’offres pour le chipset de la PS6 au profit d’AMD. Les fuites techniques suggèrent une architecture nettement plus performante que la génération actuelle.

- APU : Gravé en 2nm via TSMC (N2), offrant un gain d’efficacité majeur face au 7nm de la PS5.
- CPU : Architecture AMD Zen 6, visant à réduire les goulots d’étranglement CPU.
- GPU : Architecture AMD RDNA 5.
- Mémoire : RAM GDDR7 avec une bande passante d’environ 640 Go/s (soit une hausse de 43 % par rapport aux 448 Go/s de la PS5).
L’enjeu pour Sony est désormais double : gérer la transition vers un modèle tout numérique tout en naviguant dans une crise mondiale des composants qui pourrait retarder l’arrivée de son prochain matériel jusqu’à la fin de la décennie.
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