Publié le 2024-02-29 14:35:00. Un voyage en Corée du Nord, pays souvent perçu comme inaccessible, a offert à un voyageur portugais une perspective surprenante, loin des clichés habituels, mais non sans contradictions.
- La capitale nord-coréenne, Pyongyang, se distingue par l’absence quasi totale de véhicules individuels, favorisant une mobilité piétonne et une qualité de l’air inhabituelle pour une métropole.
- Le régime alimentaire nord-coréen, pauvre en graisses et en viande rouge, suscite l’intérêt de la communauté scientifique, notamment de l’Université de Coimbra.
- Malgré un contrôle strict des déplacements, le voyageur a pu constater un sentiment de sécurité et d’ordre dans le pays.
Partir en Corée du Nord n’a pas été une décision facile à faire comprendre à son entourage. « Lorsque j’ai annoncé à mes amis que je partais en vacances en Corée du Nord, la réaction n’a pas tardé. Ils continuaient à me regarder avec cet air compatissant de quelqu’un qui pensait que j’avais perdu le contact », raconte Carlos Abrantes. Pourtant, ce voyage s’est révélé être un choix judicieux, offrant une expérience radicalement différente des destinations touristiques classiques.
L’une des premières observations du voyageur concerne la capitale, Pyongyang. Contrairement aux grandes villes occidentales, elle est étonnamment dégagée de la circulation automobile. « Il n’y a pratiquement ni voitures, ni camions, ni bus », souligne-t-il. Cette absence de véhicules contribue à une qualité de l’air remarquable et encourage un mode de vie actif, avec une population qui se déplace principalement à pied. Abrantes note également l’absence d’obésité parmi les habitants, à l’exception des dirigeants, ce qui, selon lui, pourrait rendre inutile un système de santé publique étendu.
Le régime alimentaire nord-coréen, caractérisé par une consommation limitée de glucides, de protéines, de graisses et de sucres, et une absence quasi totale de viande rouge, a également attiré l’attention du voyageur. Il décrit ce régime comme un exemple à suivre pour le reste du monde, et mentionne l’intérêt qu’il suscite auprès de la communauté scientifique. L’Université de Coimbra, en particulier, a même interdit la consommation de viande bovine dans ses cantines étudiantes, dans une démarche pionnière.
Cependant, le voyage ne fut pas sans surprises. Abrantes révèle que la consommation de viande de chien est une pratique courante en Corée du Nord, lors d’occasions spéciales. « Ils aiment aussi les animaux. Ils ont une manière différente de l’aimer, mais ils l’aiment, ils l’aiment ! », explique-t-il, soulignant un contraste culturel frappant. De même, le culte de la personnalité envers les dirigeants, illustré par la construction de statues monumentales dédiées au grand-père, au père et au fils, est omniprésent.
L’infrastructure nord-coréenne, bien que surprenante, est également digne de mention. Les autoroutes, avec trois voies dans chaque direction, permettent des trajets rapides et fluides, sans péages ni embouteillages. Le voyageur a pu parcourir des centaines de kilomètres entre Pyongyang et le 38e parallèle, ainsi que vers Myohyang, sans rencontrer de difficultés majeures, hormis quelques imperfections de la chaussée et la présence occasionnelle de piétons, de vélos ou de contrôles militaires.
Malgré cette impression de sécurité et d’ordre, le voyageur souligne l’importance de respecter les règles établies. Les déplacements en dehors de l’hôtel, situé sur une petite île, étaient toujours effectués en compagnie de guides locaux. « C’est facile quand on suit les règles, et les règles étaient claires », précise-t-il.
En conclusion, Carlos Abrantes reconnaît que la Corée du Nord est une destination unique, mais il avoue préférer, pour ses prochaines vacances, un pays démocratique, où il pourra se détendre en toute liberté.
