Publié le 19 décembre 2025 à 15h00. Les tensions frontalières entre la Thaïlande et le Cambodge se sont exacerbées ce jeudi, avec des échanges de tirs et un blocus naval instauré par Bangkok en représailles à des attaques cambodgiennes.
- L’armée thaïlandaise a détruit un entrepôt cambodgien de roquettes BM-21 près de Poipet.
- Bangkok a mis en place un blocus naval pour empêcher l’acheminement de pétrole et de fournitures militaires vers le Cambodge.
- Un avertissement a été lancé aux pêcheurs et aux navires commerciaux thaïlandais concernant le risque d’attaques et de brouillage GPS dans la zone.
La Thaïlande a répliqué à une attaque cambodgienne de mercredi soir, au cours de laquelle une centaine de roquettes BM-21 ont été tirées sur la province thaïlandaise de Sa Kaeo. Ce conflit frontalier, qui dure depuis des années, est lié à un différend territorial de longue date concernant la démarcation des 800 kilomètres de frontière commune, héritage de l’époque coloniale, ainsi qu’à la possession de ruines de temples anciens situés dans la zone.
Selon le porte-parole de la Royal Thai Air Force, le maréchal de l’Air Jackkrit Thammavichai, la frappe aérienne a réussi à détruire un centre logistique utilisé par le Cambodge pour stocker des roquettes BM-21 à l’extérieur de Poipet.
« Avant l’attaque, les forces armées thaïlandaises ont mené des opérations de renseignement pour confirmer qu’il s’agissait d’une cible militaire. Nous avons observé des camions chargeant des roquettes BM-21 sur les installations et dans leurs environs. »
Jackkrit Thammavichai, porte-parole de la Royal Thai Air Force
Il a précisé que cette opération avait été menée dans le respect des principes humanitaires et de la proportionnalité, et qu’aucun civil ne se trouvait à proximité de la cible.
Parallèlement aux frappes aériennes, la marine thaïlandaise a mis en œuvre un blocus naval important. L’amiral Thadawut Tadpitakkul, chef d’état-major de la marine, a annoncé que le Centre de commandement thaïlandais de l’application de la loi maritime (Thai-MECC) avait interdit aux navires thaïlandais d’accéder aux eaux côtières des provinces orientales de Chanthaburi et Trat. Cette mesure vise à bloquer l’acheminement de pétrole et de fournitures liées à la guerre vers le Cambodge. Le Conseil de défense thaïlandais a étendu ces restrictions à d’autres provinces côtières, notamment Chumphon, Prachuap Khiri Khan, Phetchaburi, Chon Buri et Rayong.
« Cette action cible uniquement les navires battant pavillon thaïlandais afin de paralyser les capacités militaires du Cambodge. »
Amiral Thadawut Tadpitakkul, chef d’état-major de la marine
Le contre-amiral Jumpon Nakbua, porte-parole du Thai-MECC, a émis un avertissement sévère aux navires de pêche et aux navires commerciaux thaïlandais, les exhortant à s’éloigner des eaux cambodgiennes. Il a mis en garde contre le risque d’attaques indiscriminées, notamment par des drones. De plus, l’armée thaïlandaise a détecté des interférences et une falsification des signaux GPS dans la zone de conflit, ce qui représente un danger majeur pour la navigation.
Malgré l’escalade des tensions, le ministère thaïlandais des Affaires étrangères, par la voix de sa porte-parole adjointe Maratee Nalita Andamo, a confirmé que tous les citoyens thaïlandais se trouvant à Poipet sont en sécurité.
