La Toulouse Fashion Week (TFW) s’apprête à vivre une nouvelle édition, les 28 et 29 novembre prochains, dans la salle Interférence – Balma. L’événement, qui met en lumière des créateurs émergents du monde entier, a franchi un cap et s’annonce comme un spectacle pluridisciplinaire unique en son genre.
Selon Fabrice Sauriat, président de l’Institut des arts et de la mode, l’organisation de la TFW a atteint une étape décisive. « C’est une concrétisation », explique-t-il. « Je n’avais pas réalisé, mais les gens n’en revenaient pas ! ». La salle Interférence – Balma, avec ses 1 000 mètres carrés d’espace et son podium en forme de U de 45 mètres de long, pourra accueillir entre 400 et 600 personnes, et devrait être complète, après avoir accueilli 500 visiteurs par soir l’année précédente.
Cette année, le thème choisi est « Héritage », un hommage à la diversité stylistique des cultures du monde. La TFW se distingue par son approche artistique de la mode, où les défilés sont souvent accompagnés de danse, de musique et de décors originaux. « Il n’y a que les têtes qui bougent » dans les capitales de la mode, observe Fabrice Sauriat, soulignant l’atmosphère plus vivante et interactive de l’événement toulousain.
L’événement repose sur l’engagement de 300 bénévoles – modèles, photographes, maquilleurs, coiffeurs et spécialistes de la communication – et bénéficie du soutien de semaines de la mode internationales (Pologne, Berlin, Guyane, Brésil et Afrique centrale). Ce soutien a permis d’attirer des stylistes de tous les continents, qui participent avant tout par passion artistique, et non pour des gains financiers. Environ 20 % des créateurs présents ne cherchent pas à vendre leurs collections, mais à présenter leur travail de manière créative.
La Toulouse Fashion Week a débuté en 2016 avec un gala de danse et de mode pour les marques Fabos et Swarovski. En 2019, elle s’est structurée en événement à part entière, accueillant 150 personnes à l’hippodrome de la Cépière, avec le soutien de la mairie de Toulouse. La première édition, intitulée « Nuit d’Orient », a réuni des créateurs de Toulouse, Montpellier, Perpignan, ainsi que du Maroc, d’Ouganda, d’Algérie et de Tunisie.
Aujourd’hui, la TFW se compare à des événements comme les défilés Victoria’s Secret, où l’interaction entre les mannequins et le public crée une ambiance unique. Parmi les figures emblématiques de la semaine de la mode toulousaine figure Tonye Aka, marraine de l’édition 2025 et fondatrice de la marque Tonye’s Fashion et de la Tonye’s Fashion Academy, un centre de formation aux métiers de la mode. L’événement a également mis en lumière Charlotte Bardou et son label de sacs upcyclés Bi Éthique, ainsi que Jenia Gala et sa marque éponyme.
L’Institut des arts et de la mode ambitionne d’aller au-delà de la TFW et travaille sur de nouveaux projets combinant mode internationale et arts du spectacle, dont certains pourraient être lancés dès 2026. La TFW a même attiré l’attention de Serge Carreira, directeur des marques émergentes à la Fédération de la Haute Couture et de la Mode.
Le public finance en grande partie l’événement en achetant des billets dont le prix varie entre 10 et 50 euros. Les créateurs, souvent passionnés et exerçant une autre activité professionnelle, versent une participation modeste à partir de 100 euros. L’objectif de la TFW est de donner de la visibilité à des créateurs qui n’ont pas les moyens de se faire connaître, et de leur permettre de vendre leurs collections dans le mois qui suit l’événement.
