Publié le 14 janvier 2023 17:29:00. Les manifestations en Iran, déclenchées fin décembre, s’intensifient et suscitent des inquiétudes régionales face aux menaces croissantes et aux préparatifs militaires affichés par Téhéran et Washington.
- Les protestations se poursuivent dans plusieurs villes iraniennes, tandis que le président américain Donald Trump durcit le ton.
- Les Gardiens de la révolution iranienne affirment être en état d’alerte maximale et avoir renforcé leurs capacités balistiques.
- Plusieurs pays appellent leurs citoyens à quitter l’Iran, et Israël se prépare à une éventuelle frappe.
La situation en Iran, marquée par des manifestations qui entrent dans leur troisième semaine, dépasse désormais les frontières nationales. Les tensions s’exacerbent, alimentées par des déclarations américaines et des démonstrations de force iraniennes, suscitant des craintes d’une escalade militaire dans la région.
Donald Trump a intensifié sa rhétorique, appelant les manifestants à prendre le contrôle des institutions de l’État et menaçant de prendre des « mesures très fortes » si la situation venait à évoluer. Les manifestations, qui ont débuté le 28 décembre sur fond de difficultés économiques et de mécontentement social, ont déjà fait plus de 100 morts parmi les forces de sécurité et les manifestants, selon les autorités iraniennes.
À Téhéran, des milliers de personnes ont participé aux funérailles des victimes, brandissant des drapeaux de la République islamique et des banderoles anti-américaines. Des images diffusées par la télévision d’État montraient également des portraits du guide suprême Ali Khamenei et des caricatures menaçantes de Donald Trump.
Face à cette situation, les Gardiens de la révolution iranienne (Pasdaran) affichent leur détermination. Le commandant de l’armée de l’air des Pasdaran, Majeed Mousavi, a déclaré que les forces iraniennes étaient au plus haut niveau de préparation pour faire face à toute menace extérieure. Il a également souligné que l’arsenal de missiles de l’Iran avait été renforcé depuis les affrontements de juin dernier, qualifiés de « guerre des Douze jours » par l’agence Fars.
L’escalade des tensions se traduit également par des mesures de précaution dans les bases militaires de la région. Le Bureau d’information international du Qatar a annoncé le départ de certains individus de la base aérienne d’Al Udeid, sans fournir de détails supplémentaires, évoquant simplement des mesures de précaution liées à l’évolution de la situation régionale.
Israël, de son côté, se prépare à une éventuelle frappe américaine contre l’Iran. Les médias israéliens ont fait état de l’ouverture d’abris dans diverses régions du pays. Plusieurs pays ont également appelé leurs citoyens à quitter l’Iran, en raison des avertissements concernant une possible détérioration de la sécurité.
Le pouvoir judiciaire iranien a annoncé son intention de mener des procès rapides et publics pour les personnes arrêtées lors des manifestations, accusées d’actes d’émeutes et de terrorisme. Le chef du pouvoir judiciaire, Gholam Hossein Mohseni Ejei, a visité une prison de Téhéran où sont détenus de nombreux manifestants. Certains détenus pourraient être accusés de « moharebeh », un crime passible de la peine de mort en Iran.
Les organisations de défense des droits humains ont exprimé leur inquiétude face à la possibilité d’exécutions de manifestants. Le Département d’État américain a fait état de milliers de personnes détenues, et Amnesty International a appelé à l’arrêt immédiat de toute exécution liée aux manifestations.
Sur le plan diplomatique, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a accusé Israël de tenter d’entraîner les États-Unis dans des guerres par procuration, affirmant que Tel Aviv se vantait d’armer les manifestants en Iran. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a qualifié la répression en Iran de « probablement la plus violente de l’histoire moderne » et a appelé à son arrêt immédiat. La Commission européenne a annoncé qu’elle travaillait à l’imposition de nouvelles sanctions à Téhéran.
Les restrictions sur les communications en Iran se poursuivent, le blocage d’Internet entrant dans sa septième journée, selon le service NetBlocks. Cette coupure rend plus difficile l’accès à l’information et perturbe les communications internes.
