Publié le 8 octobre 2025. Des négociations indirectes entre Israël et le Hamas, sous l’égide de l’Égypte et du Qatar, se poursuivent à Charm el-Cheikh, en Égypte, pour tenter de parvenir à un cessez-le-feu à Gaza et à un accord d’échange de prisonniers et d’otages, mais les divergences demeurent profondes.
- Les pourparlers portent sur un échange d’otages-prisonniers, l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza et la question de la gouvernance future de la bande.
- Le Hamas insiste sur des garanties israéliennes d’une fin permanente de la guerre et exige la libération de figures palestiniennes emprisonnées, notamment Marwan Barghouti.
- L’UNICEF alerte sur le sort des enfants à Gaza, avec plus de 61 000 tués ou mutilés depuis le début du conflit.
Le deuxième jour de ces négociations indirectes, qui se déroulent à Charm el-Cheikh, a été marqué par des positions fermes de part et d’autre. Une source égyptienne a révélé que le Hamas continue de réclamer des assurances solides quant à la cessation définitive des hostilités, un point qui constitue pour l’heure l’obstacle majeur à tout accord.
Les discussions s’articulent autour de la mise en œuvre du plan de paix en 20 points proposé par l’ancien président américain Donald Trump, que le Hamas a récemment accepté en principe. La première phase de ce plan prévoit un cessez-le-feu immédiat et la libération de tous les otages israéliens, vivants ou décédés. Israël estime détenir encore 48 otages à Gaza, dont 20 seraient en vie.
Cependant, le Hamas conditionne le début de la libération des otages à la fin de l’offensive militaire israélienne à Gaza, arguant que les combats actuels rendent dangereuse la collecte des otages dans les tunnels et autres lieux de la bande. Une source du Hamas a précisé que toute libération d’otages serait « directement liée » à un calendrier clair pour le retrait complet d’Israël de Gaza, insistant sur le fait que « la libération du dernier otage doit coïncider avec le dernier retrait israélien des territoires palestiniens ».
« Nous sommes prêts, avec toute la responsabilité, à arrêter la guerre, et notre délégation est arrivée en Égypte avec l’objectif direct et explicite d’y parvenir. »
Khalil Al-Hayya, haut fonctionnaire du Hamas
Outre la question des otages, le Hamas a également insisté sur la libération du leader palestinien Marwan Barghouti dans le cadre de tout échange de prisonniers. Concernant la gouvernance future de Gaza, le mouvement rejette le déploiement de forces étrangères, mais se dit ouvert à la présence de forces arabes opérant en coordination avec l’Autorité palestinienne. Il s’oppose également à la nomination de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair pour diriger la gouvernance de Gaza après le conflit.
Parallèlement aux négociations, l’armée israélienne a continué ses frappes aériennes et d’artillerie sur diverses régions de la bande de Gaza, coïncidant avec le deuxième anniversaire du conflit israélo-palestinien. Les hôpitaux de Gaza ont reçu dix corps depuis mardi matin, dont six à Gaza City, suite à ces attaques.
Sur le plan humanitaire, l’UNICEF a exprimé sa profonde préoccupation quant au sort des enfants à Gaza, estimant que plus de 61 000 ont été tués ou mutilés au cours des deux dernières années. Le Fonds pour enfants des Nations Unies a également souligné les difficultés rencontrées pour acheminer de l’aide médicale, notamment des incubateurs pour les bébés prématurés.
Enfin, le ministère jordanien des Affaires étrangères a annoncé l’arrivée en Jordanie d’un ressortissant jordanien et de 130 citoyens étrangers qui participaient à la mission d’aide humanitaire Global Sumud Flotilla, interceptée par les forces navales israéliennes en mer internationale. Reuters rapporte que 42 navires ont été interceptés et plus de 400 militants détenus.
