Les forces de sécurité iraniennes ont mené une opération controversée dans un hôpital de la ville d’Ilam, dans l’ouest du pays, les 3 et 4 janvier 2026, faisant craindre une escalade de la répression contre les manifestants. L’intervention, qui a impliqué des tirs et l’utilisation de gaz lacrymogènes, s’est produite après des affrontements ayant déjà causé des victimes dans la région.
Selon des informations locales, les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur une manifestation pacifique à Arkavaz, une ville voisine d’Ilam, quelques heures avant l’incident à l’hôpital. Plusieurs manifestants y auraient été tués. Les blessés ont ensuite été transportés à l’hôpital Khomeini d’Ilam, où la situation a dégénéré avec l’arrivée de forces de sécurité, notamment des unités à moto, qui ont affronté des habitants tentant de protéger les blessés.
Des vidéos vérifiées par l’équipe des Observateurs de FRANCE 24 montrent les forces de sécurité tirant avec des fusils de chasse et dispersant des gaz lacrymogènes à l’intérieur et autour de l’hôpital. L’opération visait à arrêter des manifestants qui avaient été blessés plus tôt dans la journée.
Le gouvernement iranien a annoncé le 7 janvier qu’une enquête serait ouverte sur l’incident. Cette annonce intervient dans un contexte de contestation sociale grandissante, qui a débuté en décembre 2025 en raison de l’aggravation de la crise économique en Iran. Les manifestations se sont depuis propagées à des dizaines de villes à travers le pays.
À ce stade, au moins 36 manifestants ont été tués depuis le début de la vague de protestations, selon HRANA, une organisation iranienne de défense des droits humains. Parmi les victimes, on compte des enfants.
La jeunesse iranienne est en première ligne de ces manifestations, confrontée à une répression croissante. Les troubles ont attiré l’attention internationale. Le président américain Donald Trump a mis en garde les dirigeants iraniens contre l’utilisation de la force meurtrière, tandis que le chef suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a rejeté tout dialogue avec les « émeutiers », insistant sur la nécessité de rétablir l’ordre par les forces de sécurité.
