Publié le 18 janvier 2026 à 13h00. L’ancien président américain Donald Trump, à l’entame de son second mandat, affiche une propension croissante à l’interventionnisme militaire et à l’autoritarisme, suscitant des inquiétudes quant à sa politique étrangère et intérieure.
- Donald Trump a menacé plusieurs pays, notamment l’Iran et le Venezuela, d’actions militaires.
- Il envisage d’utiliser la loi sur l’insurrection de 1807 pour déployer l’armée américaine sur le territoire national, notamment à Minneapolis.
- Son comportement est perçu comme une escalade dangereuse, combinant avidité et pouvoir sans limites.
L’évolution de Donald Trump, autrefois critique envers l’impérialisme et les aventures militaires, est frappante. Alors qu’il qualifiait l’intervention américaine en Irak de « grosse erreur » et privilégiait les transactions commerciales aux invasions, il semble désormais embrasser une politique étrangère agressive et interventionniste. Cette transformation est illustrée par ses récentes menaces envers l’Iran, où il exige que les manifestants ne soient pas tués, tout en attisant les tensions, et son intervention musclée au Venezuela, où il a ordonné la capture du président Maduro dans le but de piller les ressources pétrolières du pays.
Jeudi, lors d’une cérémonie à la Maison Blanche en l’honneur des Panthers de Floride, champions de la Coupe Stanley, Donald Trump a laissé entrevoir son état d’esprit. Il a déclaré :
« Des jeunes et belles personnes. Je les déteste. Vous détestez rester ici avec tout ce pouvoir derrière vous. Mais j’ai aussi le pouvoir. Cela s’appelle l’armée américaine. Je m’en fiche. »
Cette attitude témoigne d’un mépris pour les institutions démocratiques et d’une fascination pour la force brute. Il a même affirmé que « nous ne devrions même pas avoir d’élections », estimant que son administration a accompli suffisamment de choses. Cependant, un récent sondage de CNN révèle que la majorité des personnes interrogées considèrent son second mandat comme un « échec » jusqu’à présent.
L’escalade de la tension intérieure est également préoccupante. Donald Trump envisage d’invoquer la loi sur l’insurrection de 1807 pour déployer l’armée à Minneapolis, intensifiant ainsi une occupation de style militaire déjà vivement critiquée. Cet acte intervient après qu’un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), Jonathan Ross, a abattu Renée Good alors qu’elle tentait de fuir, avant de la traiter de « putain de garce ». Selon le New York Times, Ross incarne la militarisation croissante du contrôle des frontières après les attentats du 11 septembre, une approche privilégiant l’agression plutôt que le maintien de l’ordre prudent.
L’ancien chef de cabinet de la Maison Blanche, Rahm Emanuel, a déclaré sur CNN que les actions de l’ICE étaient devenues si inquiétantes que l’agence, telle que nous la connaissons, devrait cesser d’exister. Il a affirmé que, sous la présidence Trump, l’ICE était devenue « une foule anarchique plutôt qu’une force de maintien de l’ordre ».
L’obsession de Donald Trump pour le pouvoir se manifeste également dans ses tentatives d’acquérir le Groenland, qu’il menace d’obtenir « la voie facile » ou « à la dure », en imposant des tarifs douaniers aux pays qui s’opposent à ses efforts. Ses vantardises sur le fait d’avoir « avalé » le Canada ont contribué à rapprocher ce pays de la Chine.
Récemment, María Corina Machado, chef de l’opposition vénézuélienne, a offert son prix Nobel de la paix à Donald Trump, un geste qui a suscité l’étonnement en Norvège. Trump a accepté ce cadeau et a offert en retour à Machado une médaille à son effigie. Les Panthers de Floride lui ont également offert deux bagues de championnat, un maillot portant le numéro « Trump 47 » et un bâton de hockey en or. Il a déclaré :
« Ce bâton est magnifique. Peut-être que j’aurai les deux. Qui diable le sait ? Je suis président. Je vais juste les prendre. »
Cet article a été initialement publié dans le New York Times.
