Publié le 18 janvier 2026 à 02h23. Dans un contexte de tensions croissantes, Donald Trump a accusé les dirigeants iraniens de mauvaise gestion et d’oppression, tandis que Téhéran dénonce une ingérence américaine dans les récentes protestations qui ont secoué le pays.
- L’ancien président américain Donald Trump a critiqué le leadership iranien, l’accusant de privilégier la répression à la bonne gouvernance.
- Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a riposté en accusant les États-Unis et Israël de soutenir des actes de sabotage et d’assassinats en Iran.
- Le Département d’État américain a averti que l’Iran préparait des options pour cibler des bases américaines, et a mis en garde Téhéran contre toute attaque.
Les déclarations acerbes de Donald Trump interviennent après que le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a accusé les États-Unis et Israël d’être impliqués dans les troubles récents qui ont agité l’Iran. Selon Khamenei, des preuves documentées attestent de leur soutien aux actes de sabotage et d’assassinats visant à déstabiliser le pays. Il a également personnellement accusé Trump d’incitation à la violence et l’a qualifié de « criminel ».
Dans des propos rapportés par Politico, Trump a dénoncé la situation en Iran, la qualifiant de « pire endroit au monde où vivre » en raison d’un leadership qu’il juge défaillant. Il a affirmé que les dirigeants de Téhéran s’appuient sur l’oppression et la violence pour maintenir leur pouvoir.
« Les dirigeants de Téhéran s’appuient sur l’oppression et la violence. »
Donald Trump, ancien président américain
Le Département d’État américain a réagi en affirmant avoir reçu des informations indiquant que l’Iran préparait des options pour cibler des bases américaines. Dans un communiqué en persan, le département a souligné que toutes les options restaient sur la table et que toute attaque contre les intérêts américains se heurterait à une réponse « très forte et très sévère ». Un avertissement direct : « Ne plaisantez pas avec le président Trump ».
La porte-parole de la Maison Blanche, citée par le Wall Street Journal, a souligné que le président Trump conserve une grande flexibilité concernant l’Iran et prendra des décisions conformes aux intérêts de l’Amérique et du monde.
Parallèlement, l’armée israélienne a décidé de maintenir un état d’alerte élevé en prévision d’une éventuelle attaque américaine contre l’Iran, selon des informations diffusées par la Douzième chaîne israélienne.
En Iran, le procureur de Téhéran, Ali Salehi, a annoncé que la justice iranienne traitera avec fermeté et rapidité les dossiers liés aux récentes manifestations. Il a rejeté les déclarations de Trump concernant l’arrêt des exécutions de manifestants, les qualifiant de « sans fondement et sans valeur ». Il a précisé qu’un grand nombre de dossiers avaient été transmis aux tribunaux et que des actes d’accusation avaient été émis.
Les médias gouvernementaux iraniens ont fait état de l’arrestation de plusieurs personnes décrites comme des « chefs de sédition » après des « opérations de renseignement complexes ».
L’organisation de défense des droits de l’homme Harana, basée aux États-Unis, a fait état de la mort de 390 personnes, dont 285 manifestants, et de l’arrestation de plus de 22 000 personnes. Les manifestations, qui ont débuté le 28 décembre par une grève des commerçants de Téhéran, se sont rapidement transformées en un mouvement de protestation à grande échelle, marqué par des slogans politiques.
Après avoir gagné en ampleur dans les villes petites et moyennes, les manifestations ont atteint leur paroxysme dans les grandes villes à partir du 8 janvier. Cependant, l’élan du mouvement a diminué suite à une répression sévère, qui a fait de nombreuses victimes, selon des organisations de défense des droits de l’homme. Cette répression s’est accompagnée d’un blocage continu d’Internet.
Face à l’accalmie des protestations, les autorités iraniennes ont annoncé dimanche la réouverture des écoles à Téhéran et dans d’autres villes, fermées depuis le 10 janvier. Les examens universitaires, initialement reportés, seront organisés à partir du 24 janvier, selon l’agence de presse iranienne ISNA.
Téhéran affirme que les manifestations, qu’elle qualifie d’actes de sabotage et d’émeutes soutenus par l’étranger, sont désormais sous contrôle. Les médias affiliés aux autorités ont annoncé l’arrestation de milliers de personnes et promis des sanctions rapides aux détenus.
