Publié le 24 septembre 2025 16:30:00. Une pratique de paris sportifs controversée, basée sur des spéculations concernant le cycle menstruel des joueuses, émerge dans la WNBA, soulevant des questions sur le sexisme et l’éthique dans le sport professionnel féminin.
- Des parieurs en ligne tentent de prédire les performances des joueuses de la WNBA en fonction de leurs suppositions sur leur cycle menstruel.
- Cette tendance, surnommée « argent du sang », suscite l’inquiétude des experts qui la jugent pseudo-scientifique et sexiste.
- Malgré cette polémique, la WNBA connaît une affluence record et un intérêt croissant, notamment de la part d’un public masculin.
La WNBA, ligue de basketball féminin américaine, est confrontée à une nouvelle forme de controverse : des parieurs sportifs s’appuient sur des hypothèses concernant le cycle menstruel des joueuses pour tenter de prédire leurs performances sur le terrain. Cette pratique, qui prend de l’ampleur durant la saison actuelle, culminant avec les finales entre les Las Vegas Aces et Phoenix Mercury, a suscité l’indignation et des interrogations sur les limites de l’éthique dans le monde du sport.
Des individus, agissant sous des pseudonymes en ligne comme FadeMeBets, partagent leurs « prédictions » sur les réseaux sociaux, notamment Instagram et TikTok, et encouragent les paris en fonction de ces spéculations. FadeMeBets, qui a refusé de révéler son identité pour des raisons de confidentialité, affirme avoir correctement anticipé les performances des joueuses dans près de 70 % des cas. Il explique :
« Ce qui est plutôt bon, mais aussi plutôt mauvais, c’est que cela amène plus de gens à regarder la WNBA, mais, en revanche, ce sont généralement tous les joueurs qui s’en occupent. »
FadeMeBets
Cette saison a été marquée par un engouement sans précédent pour la WNBA. La ligue a annoncé avoir dépassé le cap des 2,5 millions de spectateurs, un record historique selon Sports Illustrated. L’arrivée de nouvelles stars comme Angel Reese, Paige Bueckers et Caitlin Clark a contribué à attirer un public plus large, et notamment masculin comme le rapporte le New York Times. Cependant, cette popularité croissante s’accompagne d’une augmentation des paris sportifs, et donc de cette nouvelle forme de spéculation.
Les experts mettent en garde contre le caractère pseudo-scientifique et sexiste de cette pratique. Le Dr Amy West, médecin du sport, souligne l’imprévisibilité des cycles menstruels :
« Toutes les femmes ne sont pas identiques. Oui, il existe le cycle traditionnel de 28 jours, mais celui de chacune est différent et cela varie d’une personne à l’autre, de mois en mois. Quelqu’un est capable de prédire ça ? Quelqu’un qui n’est pas très proche de la personne qui a ses règles ? C’est en fait un peu idiot. »
Amy West, médecin du sport
FadeMeBets reconnaît que ses prédictions reposent davantage sur l’intuition que sur des données scientifiques. Il utilise un langage provocateur, qualifiant parfois les joueuses de « victimes » et se basant sur des phases spécifiques du cycle menstruel pour anticiper une baisse de performance. Par exemple, il a récemment affirmé concernant Caitlin Clark :
« Elle est en fin de phase lutéale tardive, c’est à dire diminution du cardio, diminution de la force, diminution du système aérobie, elle va être fatiguée plus souvent que dans un match normal. »
FadeMeBets
Il a alors conseillé de « parier le moins » sur la joueuse, ce qui s’est avéré exact lors du match en question.
Cette tendance soulève des questions sur la protection de la vie privée des joueuses et sur la nécessité de réglementer les paris sportifs afin de prévenir les pratiques discriminatoires et irrespectueuses. La WNBA n’a pas encore officiellement réagi à cette controverse, mais l’affaire promet d’alimenter le débat sur l’éthique et l’égalité dans le sport professionnel.
