Publié le 24 novembre 2025 à 21h21. Les locataires de logements sociaux à Dublin devront faire face à une augmentation significative de leurs loyers à partir d’avril prochain, une décision controversée prise par le conseil municipal pour faire face à un déficit budgétaire.
- Les loyers de certains locataires pourraient augmenter de plus de 50 %.
- Le conseil municipal de Dublin espère générer 24,8 millions d’euros supplémentaires en 2026 grâce à ces augmentations.
- Pour la première fois en 30 ans, le conseil modifie la méthode de calcul des loyers, en tenant compte des revenus des locataires.
Une hausse des loyers pour les logements sociaux à Dublin est désormais inévitable. Après un vote serré lundi soir, les conseillers municipaux ont approuvé un budget de 1,69 milliard d’euros pour l’année prochaine, incluant des augmentations de loyer à partir d’avril. Cette décision, adoptée par 31 voix contre 30, vise à combler un déficit de financement de 55,5 millions d’euros lié aux coûts d’entretien des logements sociaux.
Le conseil municipal a le pouvoir de fixer les loyers des logements sociaux, mais les conseillers ne peuvent que refuser le budget annuel. Un tel refus entraînerait cependant leur destitution par le ministre du Logement et des Collectivités locales.
Une proposition alternative, émanant du conseiller de People Before Profit, Conor Reddy, visant à augmenter les tarifs commerciaux de 15 % au lieu d’augmenter les loyers, a été rejetée. Il avait également suggéré la création d’un fonds pour aider les entreprises dont les factures seraient impactées, mais son amendement n’a pas trouvé grâce aux yeux de la majorité des conseillers.
Le conseil municipal modifie également la méthode de calcul des loyers pour la première fois en 30 ans, en introduisant une approche plus progressive où les revenus les plus élevés paient davantage. Cependant, même les locataires à faibles revenus peuvent s’attendre à une augmentation de leur loyer.
Une analyse récente des revenus des locataires a révélé qu’un cinquième des ménages municipaux disposent d’un revenu hebdomadaire net supérieur à 1 000 € (environ 870 £). Ces ménages bénéficient actuellement de loyers fortement subventionnés, avec un prix moyen de 83 € par semaine.
Le système de loyers actuel est basé sur les revenus nets des locataires. Le principal occupant paie 15 % de son revenu hebdomadaire net supérieur à 32 €. Jusqu’à quatre occupants secondaires contribuent également, avec une cotisation maximale de 21 € par semaine chacun, pour un total de 84 €.
À partir d’avril, la part du revenu du principal occupant passera à 18 %, tandis que le seuil non imposable sera relevé de 32 € à 55 €. La contribution des occupants secondaires presque doublera, atteignant 40 € par semaine chacun. De plus, le plafond du nombre d’occupants secondaires sera supprimé.
Le conseil municipal prévoit également d’augmenter le revenu imposable des travailleurs indépendants. Actuellement, les chauffeurs de taxi et autres professions “non commerciales” sont évalués sur la base d’un revenu net présumé de 500 € par semaine, tandis que les artisans (plombiers, électriciens) sont censés gagner 560 € par semaine. Ce revenu présumé sera porté à 700 € pour tous les travailleurs indépendants.
Selon le conseil municipal, le système actuel “avantage les ménages à revenus plus élevés en location”.
Même si le nouveau système est conçu pour être plus équitable, les locataires les plus modestes devraient voir leur loyer augmenter d’environ 10 %, tandis que les loyers des ménages les plus aisés augmenteront plus rapidement.
« Les mesures que nous avons introduites visaient à protéger les personnes aux revenus les plus faibles. »
Mick Mulhern, responsable du logement au conseil municipal
Plus de la moitié des principaux occupants ont un revenu net supérieur à 400 € par semaine. Un locataire seul avec un revenu de 400 € peut s’attendre à une augmentation de 14 %. Si deux adultes occupent le logement, le loyer augmentera de 47 %. En présence de quatre adultes, l’augmentation atteindra 60 %.
