Berlin, Allemagne – Les dirigeants européens ont posé une condition claire à toute concession territoriale potentielle à la Russie en Ukraine : la mise en place de garanties de sécurité robustes, incluant une force multinationale sous commandement européen. Cette position ferme a été adoptée à l’issue d’une réunion à Berlin, destinée à soutenir les négociations de paix en cours.
Selon un communiqué commun publié lundi 24 avril, ces garanties de sécurité devraient permettre à l’Ukraine de maintenir une armée d’environ 800 000 soldats, afin de prévenir de futurs conflits. Une « force multinationale en Ukraine », composée de contributions volontaires et soutenue par les États-Unis, serait également déployée pour « contribuer à la régénération des forces ukrainiennes, à la sécurisation du ciel ukrainien et au soutien de mers plus sûres », précise le texte.
En outre, un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, piloté par les États-Unis, serait mis en place pour assurer une alerte précoce en cas d’attaque et répondre à toute violation. Les décisions concernant le territoire ukrainien, soulignent les dirigeants européens, « appartiennent au peuple ukrainien, une fois que de solides garanties de sécurité seront effectivement mises en place ». Ils s’engagent également à prendre des « mesures juridiquement contraignantes » en cas de nouvelle agression.
La déclaration a été signée par les dirigeants de dix pays européens – le Danemark, la Finlande, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne et la Suède, ainsi que par les chefs du Conseil européen et de la Commission européenne.
Des avancées significatives ont été signalées plus tôt dans la journée, suite à des entretiens à Berlin avec Steve Witkoff, envoyé spécial de l’ancien président américain Donald Trump, et son gendre, Jared Kushner. La chancelière allemande Frédéric Merz a évoqué des progrès « substantiels » concernant les garanties de sécurité, un point de blocage majeur dans les discussions.
Les dirigeants européens insistent également sur la nécessité de reconstruire l’économie ukrainienne, en proposant des accords commerciaux favorables et des « ressources majeures » pour la reconstruction. Ils affirment également leur soutien à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.
À ce stade, les négociations restent en cours et, comme le souligne le communiqué, « rien n’est convenu tant que tout n’est pas convenu ». La réaction du président russe Vladimir Poutine à ces propositions, notamment à la perspective de troupes européennes sur le sol ukrainien, reste incertaine. La question du statut des territoires occupés par les forces russes demeure également un point de friction.
Le communiqué appelle la Russie à « démontrer sa volonté d’œuvrer à une paix durable en acceptant le plan de paix du président Trump et en acceptant un cessez-le-feu ». En attendant, les dirigeants européens ont convenu de « continuer à accroître la pression sur la Russie » pour l’inciter à négocier sérieusement.
