Publié le 16 janvier 2026 à 07h09. Les virus Ebola et Marburg, responsables de fièvres hémorragiques graves, ont récemment fait l’objet d’une révision de leur classification scientifique, parallèlement à une vigilance accrue face aux épidémies récurrentes en Afrique, notamment en Ouganda.
- Une nouvelle nomenclature a été adoptée pour les genres Ebolavirus et Marburgvirus, désormais nommés respectivement Orthoebolavirus et Orthomarburgvirus.
- Des études récentes mettent en évidence la persistance du virus Ebola dans les fluides corporels, comme le sperme et le lait maternel, des mois voire des années après la guérison, soulevant des questions de transmission.
- L’Ouganda a été confrontée à plusieurs épidémies de virus Ebola et de virus Soudan, nécessitant une réponse rapide et une surveillance renforcée.
La communauté scientifique a récemment procédé à une mise à jour de la classification des virus Ebola et Marburg, membres de la famille des Filoviridae. Cette révision, publiée dans la revue Archiv für Virologie en 2023 (plus d’informations), introduit les noms Orthoebolavirus et Orthomarburgvirus pour ces genres, et adopte une nomenclature binomiale pour les différentes espèces virales.
Ces virus sont responsables de fièvres hémorragiques sévères, caractérisées par une forte fièvre, des douleurs musculaires, des hémorragies et, dans de nombreux cas, la mort. La maladie à virus Ebola a été identifiée pour la première fois au Zaïre (aujourd’hui République Démocratique du Congo) en 1976 (définition des cas par l’OMS). Depuis, plusieurs épidémies ont éclaté en Afrique, notamment une importante épidémie entre 2014 et 2016 (épidémie 2014-2016 selon l’OMS).
L’Ouganda a été particulièrement touchée par ces virus, avec des épidémies de maladie à virus Ebola et de maladie à virus Soudan. En 2022, le pays a déclaré une épidémie de virus Soudan (déclaration de l’épidémie par l’OMS), et en 2025, une nouvelle épidémie de virus Soudan a été signalée (nouvelles sur l’épidémie de l’OMS). Une étude descriptive de l’épidémie de 2022 a révélé des lacunes urgentes en matière de recherche (étude publiée dans le Lancet Global Health).
Des recherches récentes ont mis en évidence la persistance du virus Ebola dans les fluides corporels des survivants, notamment dans le sperme et le lait maternel, pendant une période prolongée pouvant dépasser 500 jours (étude clinique). Cette découverte soulève des préoccupations quant au risque de transmission sexuelle (transmission sexuelle signalée en Libéria) et par l’allaitement (recommandations de l’OMS). L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a publié des recommandations concernant la gestion de la grossesse et de l’allaitement pendant les épidémies d’Ebola.
La surveillance renforcée et la réponse rapide sont essentielles pour contrôler les épidémies. Le réseau de laboratoires mobiles de la Communauté d’Afrique de l’Est a joué un rôle crucial dans la réponse à l’épidémie de virus Soudan en Ouganda en 2022 (diagnostic rapide par PCR). La caractérisation moléculaire des virus est également cruciale pour comprendre leur évolution et leur propagation (caractérisation moléculaire de l’épidémie de 2022).
