Publié le 19 octobre 2023 14:35. L’UGT réclame l’intégration du cancer du sein dans la liste des maladies professionnelles, soulignant une sous-déclaration qui pèse sur le système de santé publique et appelle à une approche plus sensible au genre dans la surveillance de la santé au travail.
- L’UGT demande l’inclusion du cancer du sein dans la liste des maladies professionnelles, en particulier pour les femmes exposées à des facteurs de risque liés au travail (travail de nuit, substances chimiques, rayonnements).
- Le syndicat insiste sur la nécessité d’adapter les programmes de surveillance de la santé en tenant compte des spécificités physiologiques féminines et des risques propres à chaque poste.
- L’UGT plaide pour un retour au travail progressif et adapté pour les femmes ayant souffert d’un cancer du sein, avec des aménagements en termes d’horaires et de charge de travail.
À l’occasion de la Journée mondiale du cancer du sein, l’Union Générale des Travailleurs (UGT) a lancé un appel pressant pour une meilleure reconnaissance des risques professionnels liés à cette maladie. Le syndicat dénonce une sous-déclaration des maladies professionnelles qui engendre des coûts importants pour le système de santé, des coûts qui devraient, selon l’UGT, être pris en charge par les mutuelles complémentaires de la Sécurité sociale.
L’UGT estime qu’une mise à jour de la liste espagnole des maladies professionnelles doit impérativement intégrer une perspective de genre. « La mise à jour de la liste espagnole des maladies professionnelles doit également être prévue dans une perspective de genre : les maladies féminines d’origine professionnelle doivent être incluses et aujourd’hui nous soulignons particulièrement la nécessité d’inclure le cancer du sein, dû à l’exposition au travail de nuit, à l’exposition à des substances chimiques et aux rayonnements ionisants », a déclaré le syndicat dans un communiqué.
Au-delà de l’inclusion du cancer du sein, l’UGT souligne l’importance d’adapter les programmes de surveillance de la santé aux spécificités féminines. Il est crucial, selon le syndicat, que ces programmes tiennent compte non seulement des risques liés au poste de travail, mais aussi des différences physiologiques entre hommes et femmes, en adaptant par exemple la fréquence ou le type de tests médicaux.
L’UGT note que certaines entreprises ont déjà mis en place des tests de dépistage préventif du cancer du sein, de la prostate ou du côlon dans le cadre de la surveillance sanitaire de leurs employés. « Il serait opportun que cette pratique se propage rapidement en raison des bénéfices qu’elle apporte non seulement aux travailleurs, mais à la société en général », a souligné le syndicat.
Le syndicat pointe également une lacune dans les valeurs limites d’exposition aux risques, qui sont souvent établies sur la base de paramètres masculins, sans tenir compte des différences de pénétration des substances dans l’organisme chez les femmes. « Jusqu’à présent, les valeurs limites étaient établies avec des paramètres masculins, sans tenir compte des différents schémas ou formes de pénétration dans le corps si l’exposition était subie par une femme. Il est donc nécessaire d’intensifier la recherche et d’établir des mesures de prévention supplémentaires pour les femmes exposées sur leur lieu de travail », a-t-il précisé.
Concernant le retour au travail après un cancer du sein, l’UGT insiste sur la nécessité d’une approche individualisée et progressive. Le syndicat préconise une évaluation attentive de la sensibilité de la travailleuse aux risques et la mise en place de mesures de prévention et de protection adaptées. « Le moment du retour au travail des femmes qui ont souffert d’un cancer du sein doit être progressif et progressif, pour assurer sécurité et confiance à la travailleuse », a déclaré l’UGT.
L’UGT propose notamment des aménagements en termes d’horaires, d’adaptation de la journée de travail et d’évitement des tâches physiquement exigeantes ou stressantes. Le syndicat souligne également l’importance de sensibiliser l’ensemble de l’organisation à la nécessité de faciliter le retour au travail des femmes ayant souffert d’un cancer du sein.
