Publié le 19 décembre 2023. Le géant pharmaceutique américain Eli Lilly & Co. annonce une baisse de prix d’au moins 20 % sur ses médicaments contre le diabète et l’obésité, Mounjaro et Zepbound, au Canada, en anticipation de nouvelles réglementations et de l’arrivée imminente de versions génériques d’Ozempic.
- Eli Lilly réduit les prix de Mounjaro et Zepbound au Canada, avec des prix catalogue allant de 300 $ à 540 $ pour un approvisionnement de quatre semaines, selon la posologie.
- Cette décision intervient quelques mois après une augmentation des prix et coïncide avec l’entrée en vigueur prochaine de nouvelles règles sur la tarification des médicaments et l’arrivée de génériques d’Ozempic.
- Eli Lilly et Novo Nordisk se livrent une concurrence intense sur le marché des médicaments contre le diabète et l’obésité, avec une forte demande.
Eli Lilly & Co. a annoncé mercredi soir une baisse significative des prix de ses traitements populaires contre le diabète de type 2 et l’obésité, Mounjaro et Zepbound, sur le marché canadien. Cette décision, qui prendra effet le 29 décembre, vise à anticiper l’entrée en vigueur de nouvelles réglementations gouvernementales et l’arrivée de versions génériques du médicament concurrent Ozempic, fabriqué par Novo Nordisk.
Selon une note adressée aux pharmacies, le prix catalogue canadien d’un approvisionnement de quatre semaines de Mounjaro ou Zepbound sera désormais de 300 $ pour les doses de 2,5 mg et 5 mg, de 420 $ pour les doses de 7,5 mg et 10 mg, et de 540 $ pour les doses de 12,5 mg et 15 mg. Ces nouveaux tarifs représentent une baisse par rapport aux prix de gros actuels, qui se situent entre 398,79 $ et 797,58 $, incluant une majoration de 5,5 % pour les distributeurs. Il est important de noter que le coût final pour le patient peut varier en fonction de la pharmacie, de la couverture d’assurance et d’éventuelles remises.
Cette annonce intervient quelques mois seulement après qu’Eli Lilly ait augmenté les prix de ces mêmes médicaments, dans le cadre d’une stratégie visant à encourager l’utilisation d’un système d’administration par stylo auto-injecteur plus coûteux. Cette augmentation avait également été motivée par les pressions exercées par les États-Unis sur les fabricants pharmaceutiques pour qu’ils augmentent leurs prix dans d’autres pays.
En novembre, Eli Lilly avait annoncé, lors d’un événement à la Maison Blanche, une réduction des prix de Mounjaro et Zepbound aux États-Unis, allant de 299 à 449 dollars américains. Cependant, même après cette baisse, les prix américains restent plus élevés qu’au Canada, une fois convertis.
Eli Lilly n’a pas explicitement expliqué les raisons de cette baisse de prix au Canada. Néanmoins, elle coïncide avec deux échéances réglementaires importantes. À partir du 1er janvier, le Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés, un organisme fédéral, commencera à appliquer de nouvelles directives qui permettront d’examiner de près les médicaments dont les prix au Canada sont plus élevés que dans d’autres pays, ou dont les prix augmentent plus rapidement que l’inflation.
De plus, à compter du 4 janvier, les versions génériques d’Ozempic et de Wegovy, les médicaments phares de Novo Nordisk contre le diabète et l’obésité, seront légalement autorisées au Canada. Ces génériques devraient coûter environ 100 $ pour un approvisionnement de quatre semaines, une fois qu’au moins trois d’entre eux seront disponibles sur le marché.
Eli Lilly et Novo Nordisk sont engagés dans une compétition mondiale acharnée pour répondre à la demande croissante de médicaments contre le diabète et l’obésité. Eli Lilly a pris l’avantage aux États-Unis cette année, avec une part de marché de 57,9 % pour ces médicaments, selon ses résultats du troisième trimestre publiés le mois dernier. Cette performance a contribué à faire d’Eli Lilly le premier laboratoire pharmaceutique à atteindre une capitalisation boursière de 1 000 milliards de dollars américains.
La situation est toutefois différente au Canada. Selon les données recueillies par IQVIA Canada, Ozempic de Novo Nordisk a été le médicament le plus vendu au Canada au cours des neuf premiers mois de l’année, générant un chiffre d’affaires de 2,1 milliards de dollars dans les pharmacies de détail jusqu’au 30 septembre. Wegovy a quant à lui rapporté 441 millions de dollars. Mounjaro a généré 254 millions de dollars, représentant moins d’un dixième du volume de prescriptions des médicaments de Novo Nordisk.
