Publié le 2025-10-16 22:29:00. Alors que la Journée mondiale de l’alimentation est célébrée, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) commémore son 80e anniversaire, un moment pour évaluer les progrès accomplis dans la lutte contre la faim et la malnutrition, et pour réaffirmer l’urgence d’une coopération mondiale renforcée face aux défis croissants.
- Environ 8,2 % de la population mondiale souffre de malnutrition chronique, un chiffre considérablement réduit par rapport aux deux tiers de la population mondiale qui vivaient dans des conditions d’insécurité alimentaire en 1946.
- Malgré une population mondiale triplée depuis 1946, la production alimentaire mondiale est aujourd’hui suffisante pour nourrir tout le monde.
- La FAO met en œuvre diverses initiatives, telles que l’Initiative Main dans la main et l’Alliance mondiale contre la faim, pour accélérer les progrès vers la sécurité alimentaire mondiale.
La célébration de la Journée mondiale de l’alimentation coïncide avec un jalon important : le 80e anniversaire de la FAO, dont la mission fondatrice est d’œuvrer pour un monde où chacun a accès à une alimentation suffisante et nutritive. En 1946, la première enquête mondiale sur l’alimentation menée par l’organisation révélait que près des deux tiers de la population mondiale étaient confrontés à une insécurité alimentaire. Aujourd’hui, bien que le nombre de personnes souffrant de malnutrition chronique ait diminué à environ 8,2 %, le défi persiste et s’intensifie face aux nouvelles menaces.
Les progrès réalisés par la FAO et ses États membres sont notables. L’éradication de certaines maladies du bétail, la création du Codex Alimentarius pour garantir la sécurité alimentaire, et le triplement des rendements mondiaux du riz grâce à la Commission internationale du riz, en sont des exemples concrets. Des traités internationaux sur la pêche et les ressources génétiques ont également été négociés, ainsi que des systèmes de surveillance et d’alerte précoce pour prévenir les crises liées aux ravageurs et aux maladies des plantes et des animaux.
La FAO a également joué un rôle crucial dans le développement du Système d’Information sur le marché agricole, facilitant le commerce et l’élaboration de directives alimentaires pour lutter contre la malnutrition, qu’elle se manifeste par un retard de croissance ou par une prise de poids excessive. La réponse rapide aux infestations de criquets pèlerins en 2019, coïncidant avec la pandémie de coronavirus (COVID-19), illustre cette capacité d’action. Mobilisant 231 millions de dollars, cette intervention a permis d’éviter 1,77 milliard de dollars de pertes et d’assurer la sécurité alimentaire de plus de 40 millions de personnes dans dix pays.
Qu Dongyu, directeur général de la FAO, souligne que ces succès sont le fruit de l’engagement de ses membres, convaincus qu’un monde sans faim est bénéfique pour tous. Il insiste sur la nécessité de maintenir l’esprit de coopération qui a animé l’organisation pendant ces quatre décennies. Le système agroalimentaire mondial est devenu plus interconnecté que jamais, avec plus d’un cinquième des calories consommées traversant les frontières internationales. Cependant, les chocs climatiques, les ravageurs, les maladies, les récessions économiques et les conflits représentent des menaces transfrontalières qui peuvent compromettre des années de progrès.
La récente propagation de la grippe aviaire hautement pathogène, ainsi que les infestations de chenilles légionnaires d’automne et de criquets, démontrent qu’aucun pays ne peut faire face seul à ces défis. Il est donc impératif de soutenir la résilience des plus d’un milliard de personnes qui travaillent dans les systèmes agroalimentaires.
La FAO propose des solutions concrètes, notamment l’Initiative Main dans la main, qui identifie et priorise les opportunités d’investissement dans les régions les plus touchées par la pauvreté et la faim, et l’initiative Un pays, un produit prioritaire, qui promeut les produits agricoles nationaux pour stimuler les systèmes agroalimentaires durables. Le programme de coopération Sud-Sud et triangulaire encourage les partenariats et les investissements entre les pays en développement. L’Initiative des Villages Numériques vise à réduire la fracture numérique et à donner aux agriculteurs les moyens d’utiliser les technologies numériques et le commerce électronique. Enfin, l’Alliance mondiale du Groupe des Vingt contre la faim et la pauvreté rassemble les pays et les partenaires pour éradiquer la faim et réduire la pauvreté.
La FAO s’engage à améliorer la production, la nutrition, l’environnement et les conditions de vie des populations rurales. Ensemble, ces quatre axes garantissent que personne n’est laissé pour compte. « Si nous décidons de ne pas poursuivre ces objectifs, nous reculerons », avertit Qu Dongyu. « La faim est toujours présente, mais elle n’est pas une fatalité. Nous pouvons – et devons – avancer vers notre objectif commun. Nous pouvons achever la tâche consistant à éliminer la faim en maintenant une collaboration continue. Pour un avenir meilleur avec une sécurité alimentaire pour tous. »
