Publié le 2023-11-06 22:35:00. Des inquiétudes émergent concernant l’interconnexion croissante des marchés du crédit, mais les experts estiment que le risque d’une crise systémique généralisée reste limité pour l’instant, malgré les récentes difficultés rencontrées par certains acteurs du crédit privé.
- Les indicateurs actuels ne suggèrent pas le début d’un cycle de défauts généralisé.
- L’essor du crédit privé, bien que potentiellement préoccupant en raison de son lien avec les banques, est principalement financé par des capitaux à long terme.
- Les actions des sociétés de développement commercial (BDC) reflètent les tensions actuelles sur le marché du crédit privé.
L’interconnexion des marchés du crédit a suscité des interrogations quant à leur vulnérabilité, notamment après les événements récents qui ont affecté certains acteurs du secteur. Depuis la crise financière mondiale, les banques ont progressivement réduit leur implication dans le crédit direct aux entreprises et aux particuliers, laissant la place à une augmentation des prêts accordés par les institutions financières non dépositaires.
Ces institutions, comme les sociétés de crédit privé, lèvent des fonds auprès d’investisseurs institutionnels tels que les assureurs-vie, les fonds de pension et les fonds de dotation, ainsi que des particuliers fortunés. Ces sources de capitaux sont généralement considérées comme stables et à long terme, ce qui, en théorie, devrait limiter le risque systémique. Cependant, ces fonds peuvent également recourir à des lignes de crédit bancaires pour amplifier leurs rendements.
C’est ce lien avec les banques qui suscite l’attention. Néanmoins, les banques restent les principales créancières dans ce type de montage, ce qui signifie que les fonds devraient subir des pertes considérables – de l’ordre de 50 % – avant que les banques ne soient affectées. Un seuil jugé élevé pour un portefeuille de prêts garantis.
Les experts soulignent que les banques ont exposé à ces institutions financières non dépositaires, témoignant d’une interdépendance croissante. Malgré cela, la structure de ces prêts semble, selon eux, maintenir le risque systémique à un niveau contenu.
Les marchés ont réagi aux événements récents, notamment à travers l’évolution du cours des actions des sociétés de développement commercial (BDC). Ces BDC, qui accordent des prêts directs aux petites et moyennes entreprises, offrent une visibilité publique sur le marché du crédit privé, leurs actions étant cotées en bourse.
En août dernier, l’annonce par l’une des plus importantes BDC d’une réduction de position significative dans son portefeuille a déclenché une vague de ventes. Les faillites et les allégations de fraude survenues en septembre et octobre ont ensuite exacerbé la situation. Un écart important s’est désormais creusé entre la valeur boursière des BDC et leur valeur liquidative (VNI).
Cette divergence suggère que soit les actions des BDC vont se redresser pour retrouver un alignement entre la valeur boursière et la VNI, soit le marché anticipe que ces sociétés seront contraintes de céder une partie de leurs actifs dans les prochains mois.
