Publié le 15 janvier 2026 à 20:01:00. Le président américain Donald Trump a reçu Maria Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, à la Maison Blanche, au moment où Washington ajuste sa stratégie vis-à-vis de Caracas et amorce une première vente de pétrole vénézuélien saisi.
- Maria Corina Machado a rencontré Donald Trump à la Maison Blanche et a exprimé son espoir de voir le président américain soutenir la liberté au Venezuela.
- Les États-Unis ont achevé leur première vente de pétrole brut vénézuélien saisi, pour une valeur de 500 millions de dollars (environ 460 millions d’euros), les fonds étant destinés au Département du Trésor.
- Donald Trump a eu une conversation téléphonique « longue » avec Delcy Rodríguez, figure clé du régime vénézuélien, au sujet du pétrole, des minéraux et de la sécurité.
La rencontre entre Donald Trump et Maria Corina Machado intervient dans un contexte de dialogue en évolution entre les États-Unis et le Venezuela, après des années de tensions et de sanctions. Machado, qui peine à maintenir une position de premier plan face à cette détente, est arrivée à la Maison Blanche peu après midi, heure locale, et en est repartie vers 14h30 (19h30 GMT), saluant les partisans rassemblés devant le bâtiment, selon un photographe de l’Agence France-Presse. Elle s’est ensuite rendue au Capitole pour rencontrer des députés et s’est adressée publiquement par la suite.
« Nous comptons sur le président Trump pour la liberté du Venezuela. »
Maria Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne
La Maison Blanche avait indiqué que le président Trump était « impatient » de rencontrer Machado et espérait avoir une « bonne conversation productive ». Au-delà de cette déclaration, peu de détails ont filtré sur le contenu de l’entretien. Machado a par ailleurs fait une proposition surprenante, suggérant de remettre le prix Nobel de la paix à Donald Trump, une idée rapidement écartée par l’Académie norvégienne, qui a rappelé que le titre de lauréat ne peut être transféré.
Cette démarche s’inscrit dans une stratégie de pression de l’opposition vénézuélienne, qui voit d’un mauvais œil la normalisation des relations entre Washington et Caracas. Trump avait initialement pris des mesures fortes contre le régime de Nicolás Maduro, notamment en l’accusant, lui et son épouse, de trafic de drogue. Cependant, il a ensuite tempéré son discours, qualifiant Machado de « personne très gentille » sans pour autant la considérer comme la dirigeante du pays.
Le changement de ton de Trump s’est concrétisé par une conversation téléphonique avec Delcy Rodríguez, qu’il a qualifiée de « formidable dirigeante ». Selon la présidente vénézuélienne par intérim, cet échange a été « productif et courtois », se déroulant « dans un cadre de respect mutuel ». Les États-Unis semblent tisser une relation pragmatique avec Caracas, malgré le fait que le régime est toujours officiellement considéré comme un « narcoterroriste ».
La première vente de pétrole brut vénézuélien saisi, d’une valeur de 500 millions de dollars, confirme cette nouvelle orientation. Les fonds seront versés sur des comptes contrôlés par le Département du Trésor, a précisé un responsable anonyme. La Maison Blanche a justifié cette décision en affirmant que Trump « protège » le continent américain « contre les narcoterroristes, les trafiquants de drogue et les adversaires étrangers cherchant à tirer profit ». Dans le même temps, le gouvernement Trump a annoncé la saisie d’un sixième pétrolier soumis à des sanctions dans les Caraïbes.
Pour mener à bien leurs projets pétroliers, Trump et son secrétaire d’État, Marco Rubio, espèrent obtenir la collaboration des multinationales, qui attendent toutefois une clarification du cadre juridique et politique.
