Home NouvellesLe soutien de l’opposition vénézuélienne a servi dans l’opération contre Maduro

Le soutien de l’opposition vénézuélienne a servi dans l’opération contre Maduro

by Nicolas Lefèvre

Publié le 14 janvier 2026 à 14h27. Un mémorandum du ministère de la Justice américain révèle que le soutien de l’opposition vénézuélienne, menée par María Corina Machado, a été invoqué pour justifier légalement l’opération ayant conduit à l’éviction de Nicolás Maduro du pouvoir, selon le Wall Street Journal.

  • Le ministère de la Justice américain a estimé qu’il n’y avait aucun obstacle juridique, américain ou international, à l’opération militaire ordonnée par Donald Trump.
  • Le lobbying de l’opposition vénézuélienne a été interprété comme une potentielle demande du gouvernement légitime du Venezuela de destituer Maduro.
  • Donald Trump rencontrera María Corina Machado à la Maison Blanche ce jeudi.

Un document interne du ministère de la Justice des États-Unis, daté du 23 décembre, a servi de base juridique à l’opération qui a mis fin au règne de Nicolás Maduro. Le Wall Street Journal a révélé que ce mémorandum s’appuie sur le soutien apporté par l’opposition vénézuélienne, et plus particulièrement par sa figure de proue, María Corina Machado, pour justifier l’intervention.

Le document, qui cite des précédents historiques où des présidents américains ont ordonné des opérations militaires sans l’aval du Congrès ou du Conseil de sécurité de l’ONU, conclut qu’aucune loi, ni américaine, ni internationale, n’empêchait Donald Trump d’autoriser l’opération du 3 janvier.

Une version expurgée de ce mémorandum, publiée cette semaine par le ministère de la Justice, omet une partie cruciale du raisonnement. Selon des sources du Wall Street Journal, le texte original affirmait que le lobbying mené par l’opposition vénézuélienne « pouvait être interprété » comme une requête émanant du gouvernement légitime du Venezuela visant à se débarrasser de Maduro. Cette justification figure désormais obscurcie dans le document public.

Une note de bas de page, présente dans la version non éditée, mentionne des déclarations de María Corina Machado affirmant que la pression américaine était « le seul moyen » de libérer le Venezuela.

La direction de l’opposition vénézuélienne

En 2024, les observateurs internationaux avaient conclu qu’Edmundo González avait remporté l’élection présidentielle face à Maduro, bien que le dictateur ait refusé de reconnaître les résultats et soit resté au pouvoir. Les États-Unis et d’autres pays avaient alors reconnu l’opposition, dirigée par Machado, comme l’autorité légitime du pays.

Le mémorandum s’appuie donc sur la légitimité de María Corina Machado, malgré le fait que l’administration Trump ait maintenu des contacts avec la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez. Donald Trump avait même reconnu avoir collaboré sans difficulté avec Rodríguez, tout en affirmant que Machado « n’avait ni le soutien ni le respect » nécessaire pour gouverner, malgré son activisme démocratique.

Le Wall Street Journal souligne également que le mémorandum invoque l’autorité constitutionnelle du président américain pour ordonner des opérations, en citant des missions antidrogue en Amérique latine et des précédents impliquant l’utilisation de forces militaires américaines pour capturer des terroristes présumés.

Selon Scott Anderson, un ancien avocat du Département d’État, invoquer le consentement d’un leader de l’opposition reconnu par les États-Unis comme justification d’une action militaire constitue une dérogation à la pratique habituelle. Il a souligné que cet argument ne serait valable que si ce gouvernement exerçait un contrôle effectif sur le territoire, ce qui n’était pas le cas au Venezuela.

La rencontre entre Donald Trump et María Corina Machado est prévue ce jeudi à la Maison Blanche.

You may also like

Leave a Comment