Publié le 25 novembre 2025 à 20h02. Face à une menace russe jugée croissante, la France prépare un renforcement de sa défense, incluant une possible évolution du service national et une réflexion sur l’engagement de troupes en Ukraine, suscitant un débat national sur la préparation à un conflit de haute intensité.
- Le président Macron envisage l’envoi de soldats français en Ukraine aux côtés de forces de réassurance britanniques et turques si un accord de paix est conclu.
- Une réforme du service national, passant d’un modèle universel à un service volontaire et rémunéré, est en préparation et sera détaillée jeudi prochain.
- Les déclarations du chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, sur la nécessité d’accepter des pertes humaines, ont déclenché une vive polémique politique.
Dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine et les tensions avec la Russie, le président Emmanuel Macron a réaffirmé ce mardi la position française : la paix est souhaitée, mais pas à n’importe quel prix. Il a critiqué le plan de paix proposé par Donald Trump, le jugeant inacceptable pour le monde démocratique. Les arguments pour et contre le plan de Trump pour l’Ukraine suscitent un débat international.
Macron a souligné que la Russie, depuis une décennie, a fait le choix stratégique de redevenir une puissance impériale, cherchant à exploiter les faiblesses européennes. Il a insisté sur la nécessité de renforcer le pacte Armée-Nation et de sensibiliser la population à l’importance des forces armées, y compris par le biais d’une participation accrue à la réserve.
La réforme du service national, qui prendra la forme d’un service volontaire et rémunéré, vise à accueillir initialement 10 000 jeunes hommes et femmes pour une durée de 10 mois, avec un objectif de 50 000 participants d’ici 2035. Ce dispositif prendra en compte les limites du Service National Universel (SNU) actuel et remplacera certains contrats existants. Le service militaire obligatoire avait été suspendu en 1997 par le président Jacques Chirac.
La polémique déclenchée par les déclarations du général Fabien Mandon, qui affirmait que la France doit « accepter de perdre ses enfants » pour assurer sa sécurité, a divisé la classe politique. Les déclarations du chef d’état-major ont été interprétées de diverses manières, alimentant les débats sur la préparation à un conflit majeur.
« Si notre pays vacille, parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, parce qu’il faut dire les choses telles qu’elles sont, souffrir économiquement parce que les priorités se concentreront sur la production de défense, par exemple. Si nous n’y sommes pas préparés, alors nous sommes en danger. »
Fabien Mandon, chef d’état-major des armées
Le gouvernement a précisé que les propos du général Mandon concernaient les militaires et non les civils, mais la polémique a persisté. Des figures politiques de tous bords, de Jean-Luc Mélenchon à Sébastien Chenu, ont exprimé leur désaccord avec ces déclarations. L’ancien diplomate Gérard Araud a souligné que ce type de propos devrait être réservé au pouvoir politique.
Macron a réaffirmé son soutien au général Mandon tout en insistant sur le fait que l’objectif n’est pas d’envoyer des jeunes en Ukraine. Il a souligné que la Russie se prépare à une confrontation avec les pays de l’OTAN d’ici 2030, et que la France doit renforcer sa capacité de dissuasion et sa résilience.
Plusieurs pays européens maintiennent encore un service militaire obligatoire, sous différentes formes, comme le Danemark, la Finlande, la Norvège, l’Estonie, la Grèce, Chypre, l’Autriche et la Suisse. D’autres, comme la Suède, la Lettonie, la Lituanie et la Croatie, ont récemment rétabli cette obligation après l’avoir abandonnée.
La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a participé à des discussions avec ses homologues polonais à Varsovie, soulignant l’importance de la coopération européenne en matière de défense. 
