Publié le 24 septembre 2025. Une nouvelle enquête de la BBC sur le rôle de la monarchie britannique, présentée par David Dimbleby, suscite un regard amusé et distant en Irlande, où l’attrait pour les têtes couronnées reste une énigme.
- L’ancienne présidente irlandaise Mary McAleese témoigne de l’importance historique de la visite de la reine Elizabeth II en Irlande en 2011 et de la fascination persistante qu’exerce la monarchie à travers le monde.
- L’émission révèle l’étonnement de Donald Trump face à l’invitation à une visite d’État du roi Charles III, soulignant l’aura particulière que possède encore la famille royale.
- L’enquête soulève des questions sur la transparence des échanges entre les Premiers ministres britanniques et le monarque, et sur le secret qui entoure ces conversations.
L’Irlande observe avec une certaine perplexité l’attachement manifesté par les sujets britanniques à leur monarchie. Cette incompréhension n’est pas dissipée par la série documentaire À quoi sert la monarchie, produite par la BBC et animée par le vétéran David Dimbleby. L’enquête, bien que décousue, tente d’évaluer la pertinence de la couronne britannique en 2025.
Le premier épisode de cette série en trois parties accorde une place importante à la dimension irlandaise, notamment grâce au témoignage de l’ancienne présidente Marie McAleese. Elle revient sur la visite historique de la reine Elizabeth II en Irlande en mai 2011, un événement marquant dans les relations bilatérales.
« Un président élu a beaucoup d’influence dans son pays », explique McAleese. « Dans le monde dans lequel nous vivons, les rois et les reines occupent toujours la première place dans le magazine Hello en matière de célébrité. C’est de l’histoire, n’est-ce pas ? Nous avons toujours le grand surplomb de la colonie et de l’empire, du pouvoir et de la majesté. Il y a encore une sorte de mystique là-bas. »
Marie McAleese, ancienne présidente irlandaise
Cette fascination pour les familles royales ne se limite pas à la Grande-Bretagne. Les États-Unis, par exemple, semblent également sensibles à cet attrait, comme l’illustre la réaction de Donald Trump lorsqu’il a reçu une invitation à une visite d’État du roi Charles III de la part du Premier ministre britannique Keir Starmer. L’ancien président américain, visiblement surpris, a semblé plus impressionné par cette invitation que par n’importe quel autre cadeau possible.
McAleese souligne que l’attrait des monarchies réside dans leur lien avec l’histoire, le pouvoir et la majesté. Un sentiment qui perdure même après la chute de nombreuses dynasties européennes, comme les Habsbourg et les Romanov. Il suffit d’un titre prestigieux et d’une tenue élégante pour captiver l’imagination du public.
Le reste de l’émission se concentre sur l’analyse du parcours du roi Charles III, présenté par Dimbleby comme un intellectuel passionné par l’architecture et le jardinage, dont les lettres et recommandations se retrouvaient constamment sur le bureau des ministres. L’enquête s’interroge également sur le contenu des entretiens confidentiels entre les Premiers ministres britanniques et la reine, et sur la raison pour laquelle ces échanges restent secrets. Si ces conversations se limitaient à des banalités, pourquoi un tel mystère ? Si elles portaient sur des questions politiques, les citoyens n’auraient-ils pas le droit d’en connaître le contenu ?
Pour répondre à ces questions, Dimbleby s’entoure d’une galerie de personnalités influentes, dont David Cameron, ancien Premier ministre britannique, et William Rees-Mogg, figure emblématique de la droite britannique. Le contraste entre ces figures conservatrices et la distance ironique de l’observateur irlandais est frappant.
