Publié le 4 décembre 2025 à 03h03. Un militant néo-nazi, connu pour ses appels à la dissolution du « lobby juif », a quitté l’Australie après l’annulation de son visa par les autorités. Cet incident a mis en lumière la lutte contre l’extrémisme de droite et conduit à un renforcement de la législation en Nouvelle-Galles du Sud.
- Matthew Gruter, un ressortissant sud-africain, a été expulsé d’Australie suite à sa participation à une manifestation néo-nazie devant le parlement de Nouvelle-Galles du Sud.
- Le ministre de l’Intérieur australien a justifié cette décision par le comportement inacceptable de M. Gruter et son opposition à la cohésion sociale.
- La manifestation a incité le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud à modifier sa législation afin de mieux lutter contre les idéologies nazies.
Matthew Gruter, un citoyen sud-africain, a quitté l’Australie avec sa femme et son jeune enfant, jeudi matin. Il avait été interpellé en novembre par les forces frontalières australiennes après avoir été photographié lors d’un rassemblement organisé par le Réseau national-socialiste (NSN). Il lui avait été laissé le choix de quitter le pays volontairement ou de contester la décision d’annulation de son visa.
Le NSN, un groupe ouvertement opposé à l’immigration, cherche à se constituer en parti politique fédéral sous le nom de « White Australia » (Australie Blanche). Lors de la manifestation du 8 novembre, une soixantaine de personnes vêtues de noir s’étaient rassemblées devant le parlement de Nouvelle-Galles du Sud, brandissant notamment une pancarte appelant à « abolir le lobby juif ». Des participants ont également été entendus scander « Sang et Honneur », une formule associée à la jeunesse hitlérienne.
Lors de l’annonce de l’annulation de son visa, le ministre de l’Intérieur, Tony Burke, avait exprimé son manque de surprise quant à l’absence de recours de M. Gruter. Il avait déclaré :
« Nous avons ici un principe très fort : si vous avez un visa, vous êtes un invité en Australie. »
Tony Burke, ministre de l’Intérieur
« Si quelqu’un se présente dans le seul but de maltraiter les gens, de détruire l’endroit et de nuire à la cohésion, vous pouvez lui demander de partir. »
L’affaire a eu des répercussions sur la législation de Nouvelle-Galles du Sud. La manifestation devant le Parlement a conduit le gouvernement local à proposer des modifications à la loi de 1900 sur les infractions pénales, afin d’interdire les comportements manifestant un soutien à l’idéologie nazie et de donner ainsi à la police des pouvoirs accrus pour procéder à des arrestations lors de rassemblements néo-nazis. L’affichage de symboles nazis est déjà illégal dans cet État.
Il est à noter que les organisateurs de la manifestation du 8 novembre avaient déposé une demande préalable auprès de la police de Nouvelle-Galles du Sud, qui avait été approuvée. Aucun comportement illégal n’avait été constaté lors de l’événement.
Selon des informations disponibles en ligne, Matthew Gruter était employé par Aurecon, une multinationale spécialisée dans la conception, l’ingénierie et le conseil. Les réseaux sociaux de son épouse suggèrent qu’il était arrivé en Australie en 2022, grâce à un parrainage d’une entreprise locale.
Tony Burke avait précédemment déclaré qu’il ne s’attendait pas à ce que M. Gruter fasse appel de la décision. (ABC News: David Sciasci)
