Publié le 7 janvier 2026 23:20:00. Une étude transatlantique menée sur près d’un million de participants révèle que la vitesse de mutation de l’ADN avec l’âge est fortement influencée par nos gènes, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les maladies génétiques.
- L’étude identifie des dizaines de gènes qui régulent l’expansion des répétitions d’ADN, des séquences génétiques instables qui s’allongent avec le temps.
- Ces répétitions d’ADN élargies, présentes chez la plupart des individus, pourraient servir de biomarqueurs sanguins pour évaluer l’efficacité des traitements contre des maladies comme la maladie de Huntington.
- Les chercheurs ont découvert que certains gènes peuvent accélérer ou ralentir cette expansion, offrant des cibles potentielles pour des interventions thérapeutiques.
Le rôle des gènes dans le processus de vieillissement est de plus en plus reconnu, mais cette nouvelle recherche, publiée dans la revue Nature, met en lumière l’importance cruciale de l’ADN dans la détermination de la vitesse à laquelle nos cellules subissent des mutations. Les modifications du mode de vie ont certes un impact, mais l’étude démontre que notre patrimoine génétique joue un rôle prépondérant.
Les chercheurs ont analysé les données de séquençage du génome entier (WGS) de 490 416 participants de la biobanque britannique et de 414 830 participants du programme de recherche All of Us, une initiative des National Institutes of Health aux États-Unis. Ils ont examiné 356 131 emplacements de répétitions polymorphes dans l’ensemble du génome, mesurant la longueur et l’instabilité de ces séquences répétées.
Les résultats ont révélé que les répétitions d’ADN s’allongent avec l’âge chez la plupart des individus, et que la vitesse de cette expansion varie considérablement d’une personne à l’autre. L’équipe a identifié 29 régions du génome où des variantes génétiques héritées augmentent l’expansion des répétitions d’ADN dans le sang, avec des effets cumulatifs significatifs sur l’instabilité de ces séquences.
Selon Margaux Hujoel, PhD, de l’Université de Californie à Los Angeles,
« Le fort contrôle génétique de cette expansion, avec des répétitions chez certains individus augmentant quatre fois plus rapidement que chez d’autres, laisse entrevoir des opportunités d’intervention thérapeutique. Ces modificateurs génétiques naturels nous montrent quelles voies moléculaires pourraient être ciblées pour ralentir l’expansion répétée de la maladie. »
Plus de 60 maladies héréditaires sont liées à l’expansion des répétitions d’ADN, notamment la maladie de Huntington et la dystrophie myotonique. L’étude a également identifié une nouvelle association entre une répétition étendue dans le gène GLS (présente chez environ 0,03 % de la population) et un risque accru de maladies rénales graves (14 fois plus élevé) et de maladies du foie (risque triplé).
Les chercheurs suggèrent que la mesure de l’instabilité des répétitions d’ADN dans le sang pourrait un jour servir de biomarqueur pour évaluer l’efficacité des traitements visant à ralentir la progression de ces maladies. Ils soulignent que les outils analytiques développés pour cette étude, basés sur l’analyse WGS à grande échelle, constituent un complément précieux aux techniques de séquençage ciblées utilisées dans la recherche familiale et sur les cohortes de patients.
Ils ajoutent que l’analyse des données WGS à lecture courte n’a fourni qu’un aperçu partiel de la mutation somatique, mais que la combinaison de ces approches devrait permettre de nouvelles découvertes dans le domaine de l’instabilité répétée.


