Home Santé“Combien de temps vas-tu continuer à mentir et à te moquer des gens ?”

“Combien de temps vas-tu continuer à mentir et à te moquer des gens ?”

by Sophie Martin

Publié le 2 décembre 2025 19h00. Les déclarations d’une vice-ministre cubaine affirmant la supériorité du système de santé national face à la crise actuelle de la dengue et du chikungunya suscitent une vive indignation sur l’île et parmi la diaspora, alors que le bilan s’alourdit, notamment chez les enfants.

  • Cuba fait face à une épidémie de dengue et de chikungunya qui a déjà causé la mort de 33 personnes, dont 21 mineurs.
  • La vice-ministre de la Santé publique, Carilda Peña García, a affirmé que le système de santé cubain était « meilleur que celui de nombreux pays », une déclaration perçue comme déconnectée de la réalité par de nombreux citoyens.
  • Les témoignages convergent sur la saturation des hôpitaux, le manque de médicaments et la détérioration des conditions sanitaires.

L’affirmation de Carilda Peña García, faite lors d’une intervention à la télévision sur Canal des Caraïbes, a provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux et au sein de la population cubaine. Au moment où l’épidémie de dengue et de chikungunya atteint un point critique, avec un bilan officiel de 33 décès, dont 21 enfants, les propos de la vice-ministre sont jugés particulièrement choquants.

Des milliers de familles témoignent depuis des semaines de la situation désastreuse dans les hôpitaux, dénonçant des services saturés, des délais d’attente interminables et une pénurie criante de médicaments essentiels. Les conditions sanitaires se dégradent également, alimentant le sentiment d’abandon et d’impuissance.

Sur les réseaux sociaux, la colère et l’incrédulité dominent. De nombreux Cubains s’interrogent sur la pertinence de parler d’un système de santé « supérieur » alors qu’ils sont confrontés à des difficultés quotidiennes considérables. Ils dénoncent des files d’attente interminables, des services d’urgence débordés et un manque flagrant de mesures de fumigation dans les quartiers.

Les internautes expriment leur compassion envers les médecins, qu’ils estiment dévoués mais désarmés face à la situation. Ils soulignent l’absence de ressources, notamment de médicaments et d’équipements, et dénoncent l’insalubrité généralisée, avec des décharges et des égouts à ciel ouvert favorisant la prolifération des moustiques vecteurs.

Certains appellent à une prise de conscience de la réalité vécue par la population, estimant que ceux qui défendent le système devraient se rendre dans les hôpitaux municipaux ou provinciaux pour constater par eux-mêmes la détresse des familles, contraintes d’apporter leurs propres fournitures médicales, y compris des analgésiques et du matériel chirurgical.

La mort de 21 enfants est particulièrement soulignée par les internautes, qui la considèrent comme un indicateur alarmant de l’effondrement du système de santé, en contradiction avec les chiffres officiels minimisant la gravité de la situation.

Les données confirment cette disparité. En une seule semaine, Cuba a enregistré 5 717 nouveaux cas de chikungunya, la plupart diagnostiqués uniquement sur la base de critères cliniques en raison du manque de réactifs et de tests PCR.

Le nombre total de patients atteints de chikungunya s’élève désormais à près de 39 000. Le moustique Aedes aegypti, vecteur de la maladie, continue de proliférer dans des provinces telles que Camagüey, Pinar del Río, Santiago de Cuba, Sancti Spíritus et La Havane.

La pénurie d’insecticides, la défaillance des machines de traitement focal et la réduction du personnel chargé de la fumigation sont également pointées du doigt, des problèmes que la vice-ministre a elle-même admis.

Face à ce constat alarmant, de nombreux Cubains expriment leur impuissance et leur frustration face au discours officiel. « Combien de temps allez-vous continuer à mentir et à vous moquer du peuple ? », s’interrogent-ils, dénonçant l’absence de duralgine pour faire baisser la fièvre des enfants, de médicaments et de lits disponibles dans les hôpitaux surchargés.

L’écart entre les déclarations officielles et la réalité vécue par la population se creuse de jour en jour. L’épidémie progresse, la confiance dans les institutions s’effrite et la douleur des familles touchées s’accumule en silence. Malgré les assurances des autorités selon lesquelles « à Cuba, tout est fait pour sauver des vies », ces mots semblent de plus en plus déconnectés de la réalité quotidienne de milliers de Cubains.

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