Publié le 4 décembre 2025 à 21h25. Un directeur de magasin de tissus de la Loire est jugé pour avoir demandé à ses employés de travailler quelques minutes supplémentaires avant l’ouverture, une pratique qui pourrait coûter cher à son entreprise.
- Un inspecteur du travail a constaté que les employés du magasin Le Géant du Tissu arrivaient au travail avant l’heure d’ouverture officielle.
- L’entreprise est accusée de travail dissimulé et de non-paiement des heures supplémentaires.
- Le directeur a justifié cette pratique par un manque de contrôle sur les horaires et la possibilité pour les employés de récupérer ces minutes pendant leurs pauses.
Le tribunal de Roanne a examiné mardi 2 décembre le cas d’un directeur de magasin poursuivi pour avoir demandé à ses salariés de se présenter quelques minutes avant l’ouverture du magasin Le Géant du Tissu, situé à Mably, dans la Loire. L’affaire a été déclenchée par le signalement d’une employée et a conduit à trois contrôles inopinés de l’inspection du travail en août 2024.
Lors d’un de ces contrôles, le 13 août, l’inspecteur a relevé que les employés étaient présents dans le magasin à 9h53, alors que l’ouverture au public était prévue à 10h. Selon Le Progrès, la direction avait demandé à son personnel de déplacer les portants de vêtements avant l’arrivée des clients.
Si ces quelques minutes supplémentaires peuvent sembler anodines, l’inspection du travail a calculé qu’elles représentaient potentiellement sept heures de travail non déclarées et non rémunérées. L’entreprise et son dirigeant étaient donc accusés de travail dissimulé et de non-respect des règles relatives aux heures supplémentaires.
Devant le tribunal, le directeur, basé à Gap, a tenté de se justifier en expliquant qu’il ne pouvait pas contrôler précisément les horaires dans ce magasin géré par sa fille. Il a également affirmé que les employés pouvaient compenser ces quelques minutes en profitant de leurs pauses, notamment pendant les pauses cigarette.
« On n’est pas sur la montre à regarder si elles sont restées 20 minutes aux toilettes. »
Le directeur
La présidente du tribunal a cependant souligné qu’un passage aux toilettes ne pouvait être assimilé à une pause et que Le Géant du Tissu n’avait formalisé aucune disposition concernant ces minutes supplémentaires.
L’avocat de la défense, Florent Mathevet-Bouchet, a insisté sur le manque de rigueur de l’employeur, soulignant qu’il était de sa responsabilité de définir un cadre clair et respecté. La procureure de la République, Louise Gayon, a abondé en ce sens, estimant qu’il y avait un manque de conscience des droits des salariés.
« Les salariés sont moins bien payés que leur employeur, et 5 à 10 minutes par jour, c’est 80 euros par mois et c’est quelque chose d’important. »
Louise Gayon, procureure de la République
La procureure a requis une amende de 2 000 euros, dont 1 000 euros avec sursis. Le jugement a été mis en délibéré jusqu’au 27 janvier 2026. En attendant, le directeur a demandé à ses employés d’arriver à 10h et a installé des pointeuses dans ses deux magasins.
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