Publié le 8 décembre 2025 18h08:00. De simples analyses sanguines et urinaires pourraient éviter à de nombreux nourrissons fébriles des examens invasifs comme les ponctions lombaires, selon une étude internationale menée par des hôpitaux montréalais et américains.
- Une combinaison d’analyses de sang et d’urine permet d’identifier avec fiabilité les nourrissons de moins de 28 jours présentant un faible risque d’infections bactériennes graves.
- Cette approche pourrait réduire significativement le nombre de ponctions lombaires réalisées chez les nourrissons, tout en maintenant un haut niveau de sécurité.
- L’étude a démontré une sensibilité de 94,8 % et une valeur prédictive négative de 99,6 % pour exclure les infections bactériennes invasives.
Des chercheurs de l’Hôpital de Montréal pour enfants et du Children’s National Hospital (Washington D.C.) ont mis au point une méthode moins invasive pour évaluer les nourrissons présentant de la fièvre au cours de leur premier mois de vie. Jusqu’à présent, la pratique courante consistait à réaliser un bilan complet, incluant souvent une ponction lombaire, afin de détecter d’éventuelles infections bactériennes comme la méningite. Cette nouvelle approche, basée sur des analyses simples et largement disponibles, pourrait changer la donne.
« La fièvre chez les nouveau-nés est l’une des situations les plus délicates auxquelles nous sommes confrontés en pédiatrie », explique Nathan Kuppermann, directeur académique du Children’s National et urgentiste pédiatrique. « Cette étude, fruit d’une collaboration internationale, nous montre que nous pouvons désormais utiliser une règle validée et basée sur des preuves pour identifier les nourrissons qui présentent un risque extrêmement faible de méningite bactérienne, ce qui permettra de prendre des décisions plus personnalisées pour les familles. »
L’étude, publiée dans la revue JAMA, a analysé les données de plus de 2 500 nourrissons fébriles provenant de plusieurs pays. Les chercheurs ont utilisé trois tests de laboratoire courants – une analyse d’urine, un dosage de la procalcitonine (une protéine indiquant une inflammation) dans le sang (inférieur ou égal à 0,5 ng/mL) et un comptage des neutrophiles (un type de globules blancs) (inférieur ou égal à 4 000 par mm³) – pour évaluer le risque d’infection. Cette approche, appelée règle PECARN mise à jour, permet d’éviter la ponction lombaire chez les nourrissons présentant un faible risque, sans compromettre la sécurité.
« Depuis plus de 40 ans, les chercheurs en pédiatrie tentent de déterminer comment effectuer en toute sécurité moins de tests chez les nourrissons fébriles au cours du premier mois de leur vie sans passer à côté d’infections rares mais dangereuses. »
Brett Burstein, urgentiste pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants
Les résultats de l’étude sont encourageants : aucun cas de méningite bactérienne n’a été manqué chez les nourrissons classés à faible risque. « Atteindre zéro cas manqué de méningite bactérienne dans une population aussi importante de nourrissons fébriles est une référence essentielle dans ce domaine de recherche », souligne le Dr Burstein, également chercheur à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill. « Ces résultats fournissent aux cliniciens le niveau de preuve dont ils ont besoin pour envisager sérieusement cette approche. »
Les familles préoccupées par l’évaluation de la fièvre chez les jeunes nourrissons sont invitées à en discuter avec leur médecin. Les décisions cliniques concernant les nourrissons de moins de 28 jours restent individualisées et doivent être prises par des professionnels de la pédiatrie.
Source:
Référence du journal :
Burstein, B., et al. (2025). Prediction of Bacteremia and Bacterial Meningitis in Febrile Infants Aged ≤28 Days. JAMA. https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2842440

