Publié le 9 janvier 2026 18h18. Une vaste étude internationale révèle des liens génétiques inattendus entre différents troubles mentaux, ouvrant de nouvelles perspectives sur leurs causes biologiques et la possibilité de traitements plus ciblés.
- L’analyse de données génétiques de plus de 6 millions de personnes a permis d’identifier 428 variations génétiques associées à plusieurs troubles mentaux.
- Des chevauchements significatifs ont été observés entre les risques génétiques de la dépression, de l’anxiété et du trouble de stress post-traumatique (environ 90 %), ainsi qu’entre la schizophrénie et le trouble bipolaire (environ 66 %).
- Les gènes impliqués dans ces troubles semblent affecter le cerveau de manière spécifique, suggérant des mécanismes biologiques communs.
Des chercheurs du monde entier ont mené cette étude d’envergure, analysant les données génétiques de plus de 6 millions d’individus, dont plus d’un million souffrant d’un trouble de santé mentale diagnostiqué. En comparant les profils génétiques de ces deux groupes, ils ont mis en évidence des marqueurs génétiques récurrents chez les personnes atteintes de certains troubles, permettant ainsi de mieux comprendre les fondements biologiques de ces affections.
L’étude, publiée dans la revue Nature, a révélé que certains troubles mentaux partagent une base génétique étonnamment commune. Par exemple, la dépression, l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique (TSPT) présentent un chevauchement génétique d’environ 90 %, tandis que la schizophrénie et le trouble bipolaire partagent environ les deux tiers de leurs marqueurs génétiques. Ces résultats suggèrent que ces troubles, bien que cliniquement distincts, pourraient être influencés par des mécanismes biologiques similaires.
Au-delà de ces liens génétiques, les chercheurs ont également observé que les gènes impliqués dans ces troubles affectent souvent le cerveau de manière spécifique. Les gènes actifs dans certaines cellules de soutien du cerveau étaient plus étroitement associés aux troubles liés à l’anxiété, tandis que ceux actifs dans les cellules nerveuses stimulant l’activité cérébrale étaient davantage liés à la schizophrénie et au trouble bipolaire. Ces découvertes pourraient aider à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.
« Je suis très fier de faire partie de cet effort », a déclaré Kenneth Kendler, professeur au département de psychiatrie de la faculté de médecine de l’université du Commonwealth de Virginie. « Ce travail montre vraiment que nous en apprenons davantage pour notre domaine et pour ceux qui souffrent de maladie mentale lorsque nous nous unissons pour relever ces défis scientifiques. »
Kenneth Kendler, professeur au département de psychiatrie de la faculté de médecine de l’université du Commonwealth de Virginie
Cette recherche collaborative souligne l’importance de la coopération internationale pour faire progresser la compréhension des maladies mentales et améliorer la prise en charge des patients. Les scientifiques espèrent que ces découvertes ouvriront la voie à des diagnostics plus précis et à des traitements plus personnalisés.


