Publié le 5 janvier 2024 à 19h01. Berlin a fermement condamné lundi les menaces proférées par Dmitri Medvedev, un haut responsable russe, qui a suggéré que le chef de l’opposition allemande Friedrich Merz pourrait être enlevé, sur le modèle d’une opération américaine controversée au Venezuela.
- Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a évoqué la possibilité d’un enlèvement du chancelier Merz.
- Le gouvernement allemand a dénoncé ces menaces, mais ne prévoit pas de renforcer la sécurité autour de M. Merz.
- Ces déclarations interviennent après l’arrestation au Venezuela de Nicolás Maduro, accusé de narcoterrorisme par les États-Unis.
Les déclarations incendiaires de Dmitri Medvedev, ancien président russe, ont suscité l’indignation à Berlin. Dimanche, M. Medvedev a laissé entendre que d’autres dirigeants mondiaux pourraient subir le même sort que Nicolás Maduro, le président vénézuélien arrêté par les États-Unis. Il a spécifiquement cité Friedrich Merz, figure de proue de l’opposition allemande.
Selon l’agence de presse russe TASS, M. Medvedev a déclaré :
« L’enlèvement du néo-nazi Merz pourrait être un excellent rebondissement dans ce carnaval d’événements. »
Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe
Il a estimé qu’un tel scénario n’était pas irréaliste, allant jusqu’à suggérer qu’il y aurait même des motifs juridiques de poursuivre M. Merz en Allemagne.
Le porte-parole du gouvernement allemand, Sebastian Hille, a réagi avec fermeté lundi :
« Nous condamnons fermement de telles menaces. »
Sebastian Hille, porte-parole du gouvernement allemand
Cependant, il a précisé que le gouvernement fédéral ne prévoyait pas d’augmenter le niveau de sécurité autour de M. Merz, estimant que les forces de l’ordre chargées de la protection des personnalités politiques allemandes sont « parmi les meilleures au monde ».
L’évolution de Dmitri Medvedev est frappante. Arrivé au pouvoir en 2008, il s’était alors présenté comme un modernisateur et un partisan de la démocratie. Depuis son départ de la présidence, sa rhétorique a radicalement changé, et il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus fervents défenseurs, voire instigateurs, de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.
L’affaire Maduro, qui a précédé ces déclarations, a vu les États-Unis mener une opération au Venezuela, aboutissant à l’arrestation du président vénézuélien et de son épouse. Ils ont été inculpés lundi devant un tribunal fédéral de New York pour narcoterrorisme, trafic de cocaïne et possession d’armes en vue de les utiliser contre les États-Unis.
