Publié le 14 janvier 2026 à 03h40. Préserver une bonne audition et une vision nette pourrait être un facteur clé dans la prévention de la démence, selon une récente étude de l’Alzheimer Research Initiative.
- La perte auditive non traitée est identifiée comme un facteur de risque majeur de démence chez les personnes âgées.
- Les déficiences visuelles, en particulier lorsqu’elles ne sont pas corrigées, peuvent également augmenter ce risque.
- Une stimulation cérébrale régulière, maintenue par une bonne audition et une bonne vision, est essentielle pour préserver les fonctions cognitives.
Une étude menée par l’Alzheimer Research Initiative (AFI), une organisation à but non lucratif, met en lumière un lien insoupçonné entre la santé sensorielle et la prévention de la démence. Selon le Dr Anne Pfitzer-Bilsing, responsable du département scientifique de l’AFI, « La perte auditive non traitée est l’un des principaux facteurs de risque à l’âge mûr. Les déficiences visuelles peuvent également augmenter le risque de démence, surtout si la baisse de la vision et les maladies oculaires chez les personnes âgées ne sont pas traitées. »
Lorsque l’audition et la vision diminuent, le cerveau reçoit moins de stimuli et d’informations. Les personnes concernées ont tendance à s’isoler, évitant les conversations ou les environnements inconnus par difficulté à suivre ou par manque de sécurité. Cet isolement a des conséquences directes sur l’activité cérébrale. « Quiconque évite les contacts sociaux ne sollicite pas suffisamment son cerveau. En cas de perte auditive, les bruits de fond ne sont plus perçus, ce qui maintient également le cerveau actif. Résultat : les performances mentales diminuent et le risque de démence telle que la maladie d’Alzheimer augmente », explique le Dr Pfitzer-Bilsing.
La détérioration de l’audition commence généralement vers l’âge de cinquante ans, tandis que la vision se dégrade plus tardivement, à partir de la quarantaine, avec des difficultés à voir de près et le développement possible de maladies telles que la cataracte ou la dégénérescence maculaire.
Face à ces constats, l’AFI insiste sur l’importance d’un dépistage régulier. « La perte auditive n’est souvent pas prise au sérieux. S’il est tout à fait normal de porter des lunettes en vieillissant, de nombreuses personnes hésitent à utiliser des appareils auditifs. Cependant, cela peut avoir de graves conséquences », souligne le Dr Pfitzer-Bilsing. Elle recommande de faire vérifier son audition régulièrement par un ORL ou un audioprothésiste. Dans la plupart des cas, une aide auditive peut compenser les déficits, et les frais sont partiellement pris en charge par l’assurance maladie. Il est toutefois crucial de réagir rapidement, car « si vous vivez trop longtemps avec une perte auditive, votre oreille s’y habitue. Lorsqu’ils sont corrigés avec une aide auditive, les voix et les bruits semblent inconfortablement forts et l’aide auditive finit dans le tiroir. »
De même, il est essentiel de consulter un spécialiste en cas de troubles de la vision pour en déterminer les causes et les traiter. Les aides visuelles, telles que les lunettes, ou les traitements contre les maladies oculaires peuvent aider à préserver la vision plus longtemps. « Faites examiner régulièrement vos yeux. De cette façon, vos lunettes peuvent être ajustées en conséquence et les maladies oculaires peuvent être traitées à un stade précoce. Ceux qui entendent et voient bien peuvent continuer à participer activement à la vie et à mieux suivre les conversations. Le cerveau est mis au défi et reste plus efficace », conclut le Dr Pfitzer-Bilsing.
