Publié le 23 octobre 2025 19:29:00. Une étude menée en Allemagne ne révèle pas d’impact négatif sur le développement neurologique des enfants nés de mères atteintes de sclérose en plaques (SEP) traitées avec de la méthylprednisolone (MP) pendant une poussée de la maladie. Ces résultats, bien que nécessitant d’être confirmés par des études plus vastes, apportent un éclairage important sur la sécurité de ce traitement couramment utilisé.
- L’étude compare des enfants exposés à la MP in utero à un groupe témoin d’enfants nés de mères également atteintes de SEP, mais non traitées par MP.
- Aucune différence significative n’a été observée en termes de quotient intellectuel (QI) global, de capacités neuropsychologiques ou de développement cérébral structurel.
- Les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les investigations pour évaluer les effets potentiels à long terme et les relations dose-réponse.
La méthylprednisolone (MP), un corticostéroïde puissant, est le traitement de référence à l’échelle mondiale pour les poussées de sclérose en plaques (SEP) survenant pendant la grossesse. Cependant, sa capacité à traverser la barrière placentaire suscite des inquiétudes quant à son impact potentiel sur le développement du cerveau fœtal. Cette étude visait à évaluer si une exposition in utero à la MP, dans le cadre du traitement des poussées de SEP, pouvait affecter le développement neurologique des enfants à l’âge scolaire.
Les chercheurs ont mené une étude transversale impliquant 60 enfants nés à terme, dont 30 avaient été exposés à la MP pendant la grossesse en raison du traitement de leur mère pour une poussée de SEP, et 30 constituant un groupe témoin d’enfants nés de mères également atteintes de SEP mais non traitées par MP. Les participantes ont été recrutées principalement grâce au registre allemand de la SEP et de la grossesse et évaluées dans des centres spécialisés en SEP. L’évaluation comprenait des tests d’intelligence standardisés pour mesurer la capacité cognitive globale, ainsi que des analyses de l’attention, du comportement, des performances motrices et de l’activité électrique cérébrale au repos. Des IRM à haute résolution ont également été réalisées pour évaluer la structure du cerveau, en particulier le volume de la matière grise, l’épaisseur corticale et la gyrification.
Les résultats de l’étude indiquent que les deux groupes étaient comparables en termes de caractéristiques démographiques et périnatales. La dose médiane cumulée de MP administrée aux mères était de 5 grammes (Q1-Q3 : 3-7,5 grammes), principalement pendant le deuxième trimestre de la grossesse. Le QI global moyen était de 103,0 dans le groupe exposé à la MP (intervalle de confiance à 95 % : 99,2-106,8) contre 101,5 dans le groupe témoin (intervalle de confiance à 95 % : 97,6-105,3). Après ajustement statistique pour tenir compte des comparaisons multiples, aucune différence significative n’a été observée entre les groupes pour les autres critères d’évaluation neuropsychologiques ou les paramètres électrocorticaux. De même, les analyses IRM n’ont révélé aucune différence dans le volume de la matière grise, l’épaisseur corticale, la gyrification ou l’âge chronologique du cerveau.
Bien que ces résultats soient rassurants, les auteurs de l’étude soulignent qu’elle n’était pas suffisamment dimensionnée pour détecter des effets subtils ou établir des relations dose-réponse définitives. Ils recommandent donc de continuer à utiliser la MP avec prudence pendant la grossesse, en privilégiant la dose efficace la plus faible, et de mener des études de suivi plus vastes pour obtenir des éclaircissements supplémentaires sur les effets à long terme de cette exposition in utero.
