Publié le 22 novembre 2025 à 03h45. Des scientifiques ont découvert des micro-organismes vivants à l’intérieur de roches datant de plus de deux milliards d’années, une découverte qui pourrait bouleverser notre compréhension de l’évolution de la vie sur Terre et influencer la recherche de vie extraterrestre.
- Des microbes ont été identifiés dans des roches africaines vieilles de plus de deux milliards d’années.
- Cette découverte repousse l’âge des environnements habitables connus sur Terre.
- Les recherches pourraient avoir des implications pour la recherche de vie sur Mars.
Une équipe internationale de chercheurs a réalisé une découverte stupéfiante en Afrique du Sud : des micro-organismes vivants, enfouis dans des roches datant de plus de deux milliards d’années. Cette découverte, publiée dans la revue Microbial Ecology, pourrait remettre en question les théories actuelles sur l’apparition et l’évolution de la vie sur notre planète.
Jusqu’à présent, les micro-organismes vivants les plus anciens connus se trouvaient dans des sédiments marins datant d’environ 100 millions d’années. La découverte de formes de vie dans des roches bien plus anciennes représente donc un bond en avant significatif. « Nous ne savions pas si des roches de 2 milliards d’années pouvaient être habitées », explique Yohey Suzuki, chercheur à la Graduate School of Science de l’Université de Tokyo.
« Découvrir la vie microbienne sur Terre il y a 2 milliards d’années et pouvoir confirmer son authenticité me rend excité et curieux de savoir ce que nous pouvons trouver à partir d’échantillons sur Mars. »
Yohey Suzuki, chercheur à la Graduate School of Science de l’Université de Tokyo
La théorie dominante situe l’apparition de la vie sur Terre il y a environ 3,5 milliards d’années. L’existence de ces microbes anciens suggère que la vie a pu persister dans des environnements souterrains profonds pendant des périodes bien plus longues que ce que l’on pensait. Les chercheurs estiment que ces micro-organismes sont des créatures « indigènes », adaptées à un environnement rocheux et évoluant à un rythme extrêmement lent.
L’analyse de l’ADN et du génome de ces microbes pourrait fournir des informations précieuses sur les premières étapes de l’évolution terrestre. « En examinant l’ADN et la génomique de microbes comme celui-ci, nous pouvons comprendre l’évolution des premières époques de la Terre », précise Suzuki.
Les roches étudiées ont été extraites grâce à une technique de forage ultra-profond en Afrique du Sud. Cette découverte a également des implications pour la recherche de vie au-delà de la Terre. La NASA, par exemple, utilise actuellement le rover Perseverance sur Mars pour collecter des échantillons qui seront renvoyés sur Terre. Les scientifiques estiment que ces échantillons martiens pourraient avoir un âge comparable à celui des roches africaines analysées.
Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre les limites de la vie et les conditions nécessaires à son émergence, tant sur Terre que sur d’autres planètes.
