Publié le 29 décembre 2025 22h30. Une nouvelle étude met en évidence un lien potentiel entre la consommation élevée d’aliments ultra-transformés et un risque accru de cancer du poumon, rejoignant ainsi une liste croissante de préoccupations sanitaires liées à ces produits.
- La consommation importante d’aliments ultra-transformés (AUP) est associée à une augmentation de 41 % du risque de diagnostic de cancer du poumon.
- Les AUP contiennent des conservateurs, des colorants artificiels et des quantités élevées de sucre, de sel et de graisses ajoutées.
- Des processus de transformation industrielle peuvent altérer la valeur nutritionnelle des aliments et introduire des contaminants potentiellement nocifs.
Si le tabagisme et la pollution atmosphérique restent les principaux facteurs de risque du cancer du poumon, des recherches récentes suggèrent que l’alimentation pourrait également jouer un rôle significatif. Une étude menée auprès de plus de 100 000 personnes a révélé une corrélation entre la consommation d’aliments ultra-transformés et l’incidence de cette maladie.
Les aliments ultra-transformés, ou AUP, regroupent une vaste gamme de produits alimentaires et de boissons, tels que les sodas, les chips, les nuggets de poulet et les glaces. Ces produits se caractérisent par leur forte teneur en additifs, en conservateurs, en colorants artificiels, ainsi qu’en sucres, sels et graisses ajoutés, conçus pour les rendre plus appétissants et prolonger leur durée de conservation.
L’étude, publiée dans la revue Thorax, a démontré que les participants consommant le plus d’AUP présentaient un risque 41 % plus élevé de recevoir un diagnostic de cancer du poumon par rapport à ceux qui en consommaient le moins. Les données ont été collectées à partir de l’Enquête nationale sur la santé et la nutrition, analysant les habitudes alimentaires de plus de 100 000 personnes et les reliant à leurs dossiers médicaux.
En moyenne, les individus consomment près de trois portions d’AUP par jour, les viandes transformées, les boissons gazeuses contenant de la caféine ou décaféinées étant parmi les choix les plus courants. Les chercheurs expliquent que les processus de transformation industrielle modifient la composition des aliments, affectant l’absorption des nutriments et introduisant des contaminants potentiellement dangereux.
« Les processus de transformation industrielle modifient la matrice alimentaire, affectant la disponibilité et l’absorption des nutriments, tout en produisant des contaminants nocifs. »
Chercheurs de l’étude
Il est important de souligner que cette étude est de nature observationnelle. Bien que les résultats soient solides et les méthodes rigoureuses, elle ne peut pas établir de lien de causalité définitif entre la consommation d’AUP et le cancer du poumon, mais seulement une association entre les deux.
« Cette étude suggère fortement que les aliments ultra-transformés pourraient contribuer au risque de cancer du poumon. »
Dr David Katz, expert en médecine préventive et en mode de vie, fondateur de True Health Initiative
Plusieurs mécanismes pourraient expliquer l’impact de l’alimentation sur le cancer du poumon. La consommation d’AUP est souvent associée à une alimentation de moindre qualité, riche en graisses saturées, en produits chimiques, en sel et en sucre, et pauvre en nutriments essentiels. Cette combinaison peut provoquer une inflammation chronique et affaiblir le système immunitaire, créant un environnement favorable au développement de cellules cancéreuses.
Fang Fang Zhang, présidente de la division d’épidémiologie nutritionnelle et de science des données à la Friedman School of Nutrition Science and Policy de l’Université Tufts, souligne que les additifs présents dans les AUP, les substances cancérigènes formées lors de la transformation ou les produits chimiques contenus dans les emballages alimentaires pourraient également jouer un rôle. Cependant, elle précise que ces mécanismes nécessitent des recherches plus approfondies.
Révisé par : Mhd. Aldrian, S.Gz, diplômé en sciences de la nutrition à l’Université d’Andalas, actuellement rédacteur indépendant.

