La Havane a vivement réagi samedi à la situation au Venezuela, dénonçant une « agression militaire » et un « acte de terrorisme d’État » après la tentative de déstabilisation et la capture du président Nicolas Maduro. Ces accusations interviennent alors que Washington laisse entendre que Cuba pourrait être la prochaine cible de sa politique régionale.
Le président cubain Miguel Díaz-Canel a condamné avec force les actions des États-Unis, lors d’un rassemblement de plusieurs milliers de personnes devant l’ambassade américaine à La Havane. « Cuba condamne et dénonce ces actions comme un acte de terrorisme d’État », a-t-il déclaré. Il a également qualifié cette intervention d’« violation choquante des normes du droit international », soulignant qu’il s’agissait d’une « agression militaire contre une nation pacifique qui ne représente aucune menace pour les États-Unis ».
La situation au Venezuela est particulièrement sensible pour Cuba, qui importe environ 30 % de son pétrole de ce pays en échange de services médicaux. Une interruption de ces livraisons pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’économie cubaine, déjà fragilisée par une crise économique persistante et des pénuries généralisées. Les analystes s’accordent à dire que la perte de pétrole vénézuélien porterait un coup sévère au réseau électrique et aux approvisionnements énergétiques de l’île.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a laissé entendre que Cuba pourrait être la prochaine étape des efforts de l’administration Trump pour rétablir la domination américaine en Amérique latine. « Si je vivais à La Havane et que j’étais au gouvernement, je serais au moins un peu inquiet », a-t-il déclaré, faisant référence à l’opération militaire américaine au Venezuela.
Dans une interview accordée à la chaîne New York Post, le président Donald Trump a affirmé qu’il ne prévoyait pas d’autres actions militaires contre Cuba. « Non, Cuba va tomber de son propre gré. Cuba se porte très mal », a-t-il déclaré, ajoutant que l’île est fortement dépendante du Venezuela pour son approvisionnement en pétrole et son soutien économique.
Cuba traverse depuis six ans une crise économique qui a entraîné une baisse de sa croissance d’au moins 15 %, selon le gouvernement. Cette crise se traduit par des pénuries de produits de première nécessité, une inflation galopante, la détérioration des services publics et des coupures d’électricité fréquentes. Le gouvernement cubain attribue cette situation aux sanctions américaines renforcées sous l’administration Trump, en plus de l’embargo commercial en vigueur depuis des décennies.
Par ailleurs, le ministère cubain de la Santé a assuré que les milliers de professionnels de la santé cubains travaillant au Venezuela sont « bien protégés », rassurant les familles inquiètes sur l’île.
