Publié le 2025-12-02 19:30:00. Cuba fait face à une situation sanitaire préoccupante, marquée par la circulation simultanée de plusieurs virus respiratoires, dont le COVID-19 et la grippe H1N1, ainsi que par une épidémie de dengue et de chikungunya qui a déjà causé la mort de 33 personnes, dont 21 enfants.
- La circulation de virus respiratoires comme le H1N1, le virus respiratoire syncytial et le COVID-19 a été confirmée par le gouvernement cubain, bien que les taux de positivité officiels restent faibles.
- Une épidémie de dengue et de chikungunya a fait 33 victimes, dont 21 mineurs, suscitant l’inquiétude sur l’île et à l’étranger.
- Des experts cubains prévoient une augmentation des cas dans les semaines à venir, notamment dans l’est de Cuba et sur l’Île de la Jeunesse.
Les autorités cubaines ont confirmé la circulation de plusieurs virus respiratoires, dont la grippe pandémique H1N1, le virus respiratoire syncytial – particulièrement dangereux pour les jeunes enfants et les personnes âgées – et le COVID-19. L’information a été divulguée lors d’une réunion hebdomadaire entre le président Miguel Díaz-Canel et des scientifiques du secteur de la santé. Selon les données officielles, les taux de positivité restent faibles, mais les experts mettent en garde contre une possible augmentation des cas dans les semaines à venir.
Cette situation épidémiologique critique s’ajoute à une épidémie déjà en cours de dengue et de chikungunya, des maladies transmises par les moustiques. Le ministère de la Santé publique (Minsap) a reconnu 33 décès liés à ces arbovirus, dont 21 enfants et adolescents. Cette révélation a provoqué une vive inquiétude, tant à Cuba qu’à l’étranger, comme le soulignent déjà certains médias canadiens qui évoquent une flambée épidémique dans un pays où le système de santé est limité et les hôpitaux se trouvent dans un état précaire. La presse canadienne alerte sur la situation épidémique à Cuba.
Entre juillet et novembre, 1 423 échantillons prélevés sur des patients présentant des infections respiratoires aiguës ont été analysés. Les résultats indiquent une prédominance du virus respiratoire syncytial et de la grippe H1N1, deux pathogènes courants mais susceptibles de provoquer des symptômes graves chez les personnes vulnérables. Concernant le COVID-19, les experts ont présenté des données montrant des pics de positivité « faibles » mais persistants, ainsi que la présence de variants surveillés au niveau international, comme le XFG. Bien qu’ils insistent sur l’absence de scénario alarmant, ils reconnaissent que le virus continue de circuler et que Cuba maintient une surveillance étroite sur les nouvelles souches.
Lors de cette réunion, examinée par le Canal des Caraïbes, les scientifiques du Minsap ont également présenté des technologies innovantes visant à réduire ou à éliminer les vecteurs de maladies, telles que les techniques d’insectes stériles, les moustiques transgéniques et les bactéries intracellulaires ciblant Aedes aegypti. Cependant, ces solutions restent en phase de développement ou de mise à l’échelle industrielle, alors que la population cubaine est confrontée à des épidémies réelles, à des hôpitaux saturés et à un manque de ressources de base pour se protéger.
La situation est aggravée par la pénurie d’insecticides, le manque de médicaments, les coupures de courant fréquentes et l’incapacité de l’État à contrôler les taux d’infestation, qui atteignent actuellement 0,89 %. Les provinces de Camagüey, Santiago de Cuba et La Havane sont parmi les plus touchées. Le mathématicien et épidémiologiste Raúl Guinovart a présenté des modèles prédictifs suggérant une augmentation des cas dans les semaines à venir, en particulier dans l’est de Cuba et sur l’Île de la Jeunesse. Le rapport officiel ne précise toutefois pas si cette augmentation concerne les arbovirus, les infections respiratoires ou les deux.
Le président Díaz-Canel a demandé aux autorités sanitaires de fournir des rapports « permanents et en temps opportun », alors que le Minsap a été critiqué pour le manque de transparence de ses informations épidémiologiques. Aucune donnée n’a été présentée concernant les hospitalisations, la disponibilité des médicaments ou la capacité du système de santé à faire face à une éventuelle augmentation des cas, des éléments particulièrement sensibles dans le contexte actuel.
