Publié le 9 octobre 2025 à 22h42. Le gouvernement cubain a organisé une manifestation pro-palestinienne à La Havane, attirant selon ses chiffres plus de 100 000 participants, mais des estimations indépendantes suggèrent une affluence bien moindre, révélant une divergence entre la réalité et la communication officielle.
- Le gouvernement cubain affirme que plus de 100 000 habitants de La Havane ont manifesté devant l’ambassade des États-Unis en soutien à la Palestine.
- Des analyses indépendantes, basées sur des images aériennes et des calculs de densité de foule, estiment la participation réelle entre 15 000 et 30 000 personnes.
- L’organisation de cet événement, en pleine crise économique et énergétique à Cuba, soulève des questions sur l’utilisation des ressources et le caractère spontané de la mobilisation.
La manifestation, qui s’est tenue à la Tribune anti-impérialiste José Martí, visait à dénoncer « le génocide commis par le régime sioniste d’Israël avec la complicité des États-Unis » en Palestine, selon un message publié par la présidence cubaine sur son compte X. Le quotidien Granma, organe officiel du Parti communiste, a repris le même chiffre dans son titre : « Plus de 100 000 habitants de La Havane, au nom du peuple cubain, ont élevé la voix pour dénoncer le génocide contre la Palestine », soulignant la présence de Miguel Díaz-Canel et d’autres hauts responsables du pays.
Cependant, une analyse indépendante des images de l’événement contredit ces chiffres. En se basant sur une photographie panoramique et en appliquant des normes internationales de calcul de foule (entre 2 et 4 personnes par mètre carré), la superficie occupée par les manifestants (environ 8 000 mètres carrés) suggère une participation réelle comprise entre 16 000 et 32 000 personnes. Ces estimations sont significativement inférieures aux 100 000 annoncés par les médias d’État.
L’événement a été présenté par le gouvernement comme une démonstration de soutien populaire à la cause palestinienne. Il a rassemblé des pionniers, des étudiants palestiniens en médecine à Cuba et des représentants de la « société civile socialiste ». Néanmoins, de nombreux observateurs et internautes ont exprimé des doutes quant au caractère spontané de la mobilisation, soulignant que de telles concentrations sont souvent organisées par les lieux de travail, les écoles et les universités, avec une participation parfois obligatoire.
Cette divergence entre les chiffres officiels et les estimations indépendantes met en lumière une pratique récurrente de manipulation de l’information par le régime cubain. Alors que le gouvernement cherche à projeter une image de cohésion et de soutien à la Palestine, les données objectives révèlent un écart entre la propagande et la réalité.
Parallèlement, l’organisation de cette manifestation intervient dans un contexte de grave crise économique et énergétique à Cuba, marquée par des pénuries de carburant et des coupures d’électricité fréquentes. Des témoignages sur les réseaux sociaux font état de l’utilisation d’autobus scolaires et professionnels pour transporter les participants, au détriment des besoins quotidiens de la population en matière de transport. Cette situation a suscité l’indignation de nombreux Cubains, confrontés à des difficultés pour se déplacer dans le cadre de leurs activités quotidiennes.
Questions fréquemment posées sur la manifestation officielle à Cuba et la Tribune anti-impérialiste
Combien de personnes ont réellement assisté à la manifestation officielle à Cuba ?
Des estimations indépendantes suggèrent qu’entre 15 000 et 30 000 personnes y ont participé, bien en dessous des 100 000 proclamés par le régime cubain. Cet événement a eu lieu à la Tribune anti-impérialiste José Martí et le gouvernement a déclaré qu’il s’agissait d’une démonstration de soutien à la Palestine. Cependant, l’analyse des images et les calculs basés sur la densité de la foule contredisent les chiffres officiels, révélant une fois de plus la manipulation des données par le gouvernement cubain.
Pourquoi l’utilisation de la Tribune anti-impérialiste pour des événements politiques est-elle controversée ?
L’utilisation de la Tribune anti-impérialiste pour des événements politiques est controversée car elle est devenue un symbole de la propagande officielle. Par ailleurs, des dépenses importantes ont été engagées pour ses infrastructures, et sa location pour des événements privés a été envisagée, ce qui démontre une contradiction entre sa destination initiale et son usage actuel. Ces décisions ont suscité des critiques sur le gaspillage des ressources dans un pays confronté à une profonde crise économique.
Comment la crise énergétique à Cuba affecte-t-elle les mobilisations politiques organisées par le régime ?
Malgré la crise énergétique à Cuba, avec des coupures prolongées qui affectent la population, le régime continue de donner la priorité à ses mobilisations politiques. Pour ces activités, le gouvernement a mobilisé des ressources, comme les transports, qui sont rares pour les besoins quotidiens des citoyens. Cela a suscité l’indignation de la population, confrontée à des difficultés dues au manque de services de base, alors que le gouvernement consacre ses efforts aux événements politiques.
Quelle est la perception des Cubains sur les manifestations organisées par le gouvernement ?
La perception générale parmi les Cubains est celle du scepticisme et de la critique envers les manifestations organisées par le gouvernement. Beaucoup considèrent que ces mobilisations ne reflètent pas un véritable soutien de la population, mais sont plutôt le résultat d’appels obligatoires lancés par les institutions étatiques. De plus, dans un contexte de crise économique et sociale, de tels événements sont perçus comme une déconnexion des véritables besoins du peuple cubain.
