Publié le 15 janvier 2024. Une nouvelle étude ouvre des perspectives encourageantes pour les patients atteints de la maladie de Crohn : un régime hypocalorique mensuel pourrait réduire les symptômes et l’inflammation intestinale, offrant une approche complémentaire aux traitements existants.
- Un régime imitant le jeûne, pratiqué pendant cinq jours par mois, a montré une amélioration des symptômes chez les deux tiers des participants à l’étude.
- Les chercheurs ont observé une diminution significative de la calprotectine, un marqueur de l’inflammation intestinale, chez les patients suivant ce régime.
- Cette recherche offre aux médecins la possibilité de proposer des conseils nutritionnels plus précis aux patients, bien que des études supplémentaires soient nécessaires.
La maladie de Crohn, une affection chronique inflammatoire de l’intestin, touche environ 20 000 personnes aux Pays-Bas. Les symptômes, tels que la diarrhée, les crampes abdominales et la perte de poids, peuvent être invalidants. Les options thérapeutiques actuelles, notamment les corticostéroïdes, peuvent présenter des effets secondaires indésirables à long terme, ce qui souligne l’importance d’explorer des approches alternatives.
La nutrition a longtemps été considérée comme un facteur potentiel dans la gestion de la maladie de Crohn, mais il s’est avéré difficile de mener des recherches rigoureuses sur l’impact des habitudes alimentaires. Les biais liés à la connaissance de l’alimentation par les participants et le manque de fiabilité dans le suivi diététique ont constitué des obstacles majeurs. L’étude récente, menée par des chercheurs de l’Université de Stanford, a tenté de surmonter ces difficultés en adoptant une approche méthodologique plus stricte.
L’étude a porté sur 97 patients atteints de la maladie de Crohn légère à modérée, répartis aléatoirement en deux groupes. Le premier groupe (65 personnes) a suivi un régime dit « imitant le jeûne », consistant en une restriction calorique importante pendant cinq jours consécutifs par mois (environ 700 à 1 100 calories par jour), complétée par des repas à base de plantes. Le second groupe (32 personnes) a continué à suivre son régime alimentaire habituel. Ce schéma a été répété pendant trois mois.
Les résultats ont révélé que près des deux tiers des participants du groupe régime ont signalé une réduction de leurs symptômes. Dans le groupe témoin, ce chiffre était inférieur à la moitié. Les chercheurs soulignent que l’amélioration observée dans le groupe témoin pourrait être due à la fluctuation naturelle des symptômes de la maladie de Crohn, mais la différence significative entre les deux groupes suggère un effet bénéfique du régime.
L’analyse des échantillons de sang et de selles a révélé une diminution notable de la calprotectine dans le groupe ayant suivi le régime. La calprotectine est une protéine libérée en cas d’inflammation, et son taux élevé est souvent associé à une activité accrue de la maladie de Crohn. Bien que la calprotectine puisse être présente dans d’autres types d’inflammation, cette observation renforce l’hypothèse d’un effet anti-inflammatoire du régime.
« Auparavant, nous pouvions donner très peu de conseils diététiques aux patients. Cette recherche donne aux médecins la possibilité de fournir plus d’informations sur un sujet qui intéresse beaucoup de patients. Cependant, nous devons encore faire beaucoup de recherches avant de comprendre exactement comment ce régime et d’autres fonctionnent. »
Sidhartha Sinha, gastro-entérologue
Les chercheurs de l’équipe de Sinha étudient actuellement l’impact potentiel de ce régime sur le microbiome intestinal, afin de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à ses effets bénéfiques. Il est important de noter que ces résultats ne signifient pas que tous les patients atteints de la maladie de Crohn doivent immédiatement adopter un régime hypocalorique. Cependant, ils confirment le rôle potentiel de la nutrition dans la gestion de la maladie et ouvrent la voie à de nouvelles recherches dans ce domaine.
Pour en savoir plus sur les régimes alimentaires et leur impact sur la santé, vous pouvez consulter cette étude sur l’évolution mondiale vers des régimes ultra-transformés.
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