Publié le 26 février 2024 à 10h35. La marine britannique a intensifié sa surveillance de la Manche et des eaux environnantes, interceptant récemment des navires russes alors que les activités navales de Moscou dans la région augmentent, suscitant des tensions et des accusations mutuelles.
- Un navire de patrouille britannique, le HMS Severn, a intercepté une corvette russe (RFN Stoikiy) et un pétrolier (Yelnya) dans la Manche au cours des deux dernières semaines.
- Le ministère britannique de la Défense signale une augmentation de 30 % de l’activité navale russe autour des eaux britanniques au cours des deux dernières années.
- Londres accuse un navire espion russe, le Yantar, d’avoir pointé des lasers sur des pilotes britanniques, tandis que Moscou dénonce une « hystérie militariste ».
L’activité russe dans les eaux britanniques est sous haute surveillance. Le HMS Severn a récemment mené deux opérations d’interception en Manche, identifiant et suivant la corvette RFN Stoikiy et le pétrolier Yelnya. Après avoir assuré la surveillance initiale, le Severn a transféré la responsabilité à un allié de l’OTAN non identifié au large des côtes bretonnes, selon le ministère britannique de la Défense.
Cette intensification de la surveillance s’inscrit dans un contexte plus large de déploiement de moyens britanniques pour contrer la présence russe dans l’Atlantique Nord et l’Arctique. Le Royaume-Uni a déployé trois avions de surveillance Poséidon en Islande dans le cadre d’une mission de l’OTAN visant à surveiller les navires et sous-marins russes.
La tension est palpable, comme en témoigne l’incident impliquant le navire espion russe Yantar. Le secrétaire à la Défense, John Healey, a accusé le Yantar d’avoir pointé des lasers sur des pilotes d’avions de surveillance britanniques au large des côtes écossaises, qualifiant ces actions d’« imprudentes et dangereuses ».
« Mon message à la Russie et à Poutine est le suivant : nous vous voyons. Nous savons ce que vous faites. »
John Healey, secrétaire à la Défense
L’ambassade de Russie à Londres a réagi en dénonçant une tentative du gouvernement britannique d’« attiser l’hystérie militariste », affirmant que Moscou n’a aucun intérêt à compromettre la sécurité du Royaume-Uni.
Ces accusations interviennent alors que le gouvernement britannique se prépare à dévoiler son nouveau budget, avec des pressions pour augmenter les dépenses de défense. Le Premier ministre Keir Starmer a promis d’accroître significativement les investissements militaires face aux menaces posées par la Russie, la Chine et l’Iran. Cependant, le gouvernement est confronté à des choix difficiles, devant concilier ces ambitions avec la nécessité de maîtriser le déficit budgétaire, ce qui pourrait impliquer des augmentations d’impôts et des réductions de dépenses.
