Publié le 16 octobre 2025 14:48:00. La ministre du Travail, Yolanda Díaz, s’oppose fermement à une proposition de la Sécurité sociale visant à augmenter les cotisations des travailleurs indépendants, jugeant la mesure injuste pour les plus modestes. Cette divergence intervient dans le cadre d’une réforme plus large des cotisations sociales.
- Yolanda Díaz rejette une augmentation des cotisations des travailleurs indépendants proposée par la Sécurité sociale, estimant qu’elle pénalise disproportionnellement les revenus les plus faibles.
- Le ministère de la Sécurité sociale défend une première proposition qu’il souhaite affiner en concertation avec les partenaires sociaux, soulignant que de nombreux indépendants ont choisi de surpayer leurs cotisations pour bénéficier de meilleures prestations.
- Les organisations d’indépendants se montrent divisées : l’ATA rejette catégoriquement la mesure, tandis que d’autres sont ouvertes à des ajustements.
La ministre du Travail, Yolanda Díaz, a réaffirmé ce jeudi son opposition à l’augmentation des cotisations sociales pour les travailleurs indépendants (les *autonomes*), telle que proposée par la Sécurité sociale. Elle estime que cette proposition, qui prévoit une augmentation pouvant aller jusqu’à 206 euros par mois, manque d’équité et pénalise injustement les travailleurs indépendants les moins bien rémunérés.
« Dans une politique progressiste en matière de cotisations de sécurité sociale, la progressivité doit commencer par le haut. Et la proposition, telle que je l’ai connue, pénalise de manière singulière les travailleurs indépendants à faibles revenus », a déclaré la ministre lors d’une déclaration à Bruxelles.
Selon la proposition de la Sécurité sociale, l’augmentation des cotisations serait non linéaire. La tranche la plus basse, celle des indépendants avec des revenus nets inférieurs à 670 euros, verrait ses cotisations augmenter de 8,5 % en 2026, passant de 200 à 217 euros. Cette augmentation est plus importante que celle prévue pour les tranches de revenus supérieures. Par exemple, les indépendants gagnant entre 1 167 et 1 300 euros nets verraient leurs cotisations augmenter de seulement 3,78 %, passant de 291 à 302 euros.
Le ministère de la Sécurité sociale se défend en expliquant qu’il s’agit d’une première proposition, susceptible d’évoluer après une discussion avec les partenaires sociaux. Il souligne également que, lors d’une récente période de régularisation en 2023, environ 60 % des indépendants des tranches les plus basses ont choisi de payer des cotisations plus élevées pour bénéficier de meilleures prestations sociales. Le ministère affirme que la proposition actuelle tient compte de ce choix.
« Cela dit, précise-t-il, la sensibilité à l’égard de cette partie du groupe, que nous comprenons comme la plus vulnérable, a été, est et sera maximale. »
Source au ministère de la Sécurité sociale
L’association d’indépendants liée à la CEOE, l’ATA, a exprimé un rejet catégorique de la mesure. D’autres organisations, représentant les indépendants affiliés aux syndicats, se montrent plus ouvertes à la discussion, tout en demandant des modifications.
Le ministère de la Sécurité sociale rappelle que cette proposition s’inscrit dans la continuité de l’accord de 2022, conclu avec les syndicats et le patronat, visant à adapter les cotisations des indépendants à leurs revenus réels. Ce processus de réforme doit se dérouler progressivement jusqu’en 2032, date à laquelle les cotisations seront alignées sur les revenus réels de chaque travailleur indépendant.


