Publié le 25 novembre 2023 00:19:00. Face à la menace de possibles interventions américaines pour lutter contre le trafic de drogue, le régime de Nicolás Maduro renforce sa sécurité et affiche une paranoïa croissante, tandis que Washington ouvre la porte à des négociations.
- Le protocole de sécurité entourant Nicolás Maduro a été renforcé suite aux menaces américaines d’intervention au Venezuela.
- Une atmosphère de suspicion règne au sein du régime, les responsables craignant d’être trahis et une récompense de 50 millions de dollars étant offerte pour la capture de Maduro.
- Donald Trump a exprimé sa volonté d’entamer des négociations avec le Venezuela, après un déploiement naval américain dans les Caraïbes.
La pression s’intensifie sur Nicolás Maduro. Depuis que les États-Unis ont menacé d’intervenir militairement au Venezuela pour combattre le trafic de drogue, le président vénézuélien a considérablement renforcé son dispositif de sécurité. Selon une analyse du Financial Times, Maduro planifie désormais ses apparitions publiques avec une minutie accrue, cherchant à se montrer devant des foules importantes, dans l’espoir que toute tentative d’arrestation par les forces américaines se heurterait à la résistance de milliers de citoyens.
Cette intensification de la sécurité s’accompagne d’une paranoïa grandissante au sein du régime, révèlent des sources proches des services de renseignement vénézuéliens. Deux agents, interrogés par les médias, affirment que Maduro craint une trahison de ses propres collaborateurs, particulièrement à une époque où les salaires sont en chute libre et où une récompense pouvant atteindre 50 millions de dollars est offerte pour sa capture.
« Comme n’importe qui est un traître potentiel, les agents flattent les patrons pour qu’eux-mêmes ou leurs familles ne soient pas arrêtés. »
Agent des renseignements vénézuéliens
Un autre agent confirme cette ambiance délétère :
« On suppose que tout le monde est un traître jusqu’à preuve du contraire. On ne peut faire confiance à personne. »
Agent des renseignements vénézuéliens
La semaine dernière, Maduro a même improvisé un chant d’Imagine, la célèbre chanson de John Lennon, dans une tentative de dissuader un éventuel déploiement militaire américain, alors que le plus grand porte-avions du monde, propriété des États-Unis, se trouvait dans les Caraïbes, à proximité des côtes vénézuéliennes.
Dans ce contexte tendu, le président Donald Trump a annoncé qu’il était ouvert à des négociations avec le Venezuela. Il s’agirait de la première rencontre bilatérale depuis le déploiement, en septembre dernier, de forces américaines dans les Caraïbes dans le cadre d’une opération contre les trafiquants de drogue.
Jusqu’à présent, des dizaines de navires ont été interceptés et détruits, entraînant la mort d’au moins 83 personnes. L’administration Trump affirme que ces navires transportaient de la drogue vers le continent nord-américain, bien qu’aucune preuve concrète n’ait été présentée à ce jour.
« Quiconque veut parler au Venezuela aux États-Unis peut le faire, mais faisons-le face à face. »
Nicolás Maduro, président du Venezuela
Maduro a également déclaré qu’il ne tolérerait pas « le bombardement et le massacre d’un peuple chrétien, le peuple du Venezuela ».
